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Chronique

Mission solidaire au Togo : journal de bord d’une volontaire

Jessica Bosseaux est présentement gestionnaire de projet pour l’Association Soutien Planète, une association togolaise qui travaille au développement des communautés locales, que ce soit dans le domaine de l’éducation, de la santé ou de l’environnement. Elle nous fait part des débuts de son expérience togolaise.

« Fin de Bachelor (Licence universitaire), besoin d’un stage. Et si je me faisais plaisir? L’envie de découvrir l’Afrique trotte dans ma tête depuis trop longtemps, et celle de participer à un projet associatif aussi. Une fois ma décision prise, après quelques recherches, mon stage trouvé et la convention signée, je peux préparer le départ.

Le jour J arrive : sept heures d’avion en direction de Lomé pour retrouver mon nouvel environnement pour les 93 prochains jours, le Togo.

La première rencontre avec un membre de mon association, Soutien Planète, est rapide : on m’attend à l’aéroport. Je passe 24 heures dans la capitale, Lomé, pour remplir diverses obligations administratives. C’est ensuite en taxi-brousse que je pars vers Assahoun, le village où est basé Soutien Planète, à 55 kilomètres de là.

Comme je m’y attendais, le confort n’est pas à l’occidentale, mais l’association a tout mis en œuvre pour qu’on se sente bien. Je suis dans une case avec deux autres personnes et on a l’électricité, un ventilateur, des bouteilles d’eau ainsi que le nécessaire pour la vie quotidienne.

Ici, l’eau potable est rare et chère, donc pas de gaspillage. Nous récupérons l’eau de pluie dans des réservoirs et nous disposons aussi de puits dans le village. La douche au seau est un vrai bonheur, alors l’eau courante ne manque finalement pas du tout.

Le soir, je mange un repas togolais préparé par les membres locaux de Soutien Planète. Je rencontre mes nouveaux « colocataires », mais surtout mes collègues de travail. La vie en communauté n’est pas toujours très simple, mais tout le monde s’arrange pour ne pas laisser ses petites habitudes empiéter sur l’espace de vie des autres. Manger tous ensemble n’est pas une obligation, mais c’est finalement le cas la plupart du temps. Il y a une bonne entente dans l’équipe, qui comprend des stagiaires de tout horizon et toute formation.

Le lendemain de mon arrivée à Assahoun, on m’explique en détail ma mission et on m’amène à moto dans le village d’Atité-Kopé, où se déroulera mon projet. Accompagnée de deux Togolais, je rencontre le directeur de l’école la plus proche, qui nous soutient dans nos démarches. Nous avons rendez-vous avec le chef du village dans une semaine pour présenter le projet, le peaufiner, poser les questions aux villageois pour cerner au mieux leurs besoins et attentes et le modifier en conséquence.

Je commence rapidement à constituer la base de données pour les recherches de financement, je prépare un fichier récapitulatif de notre mission, un questionnaire, un plan de projet. Je travaille en collaboration avec un Togolais qui m’aide à contourner les barrières linguistiques et culturelles.

Cette première semaine de découverte me permet de mieux comprendre dans quel contexte politique, social, économique, climatique et religieux je me trouve. J’échange le plus possible avec les habitants de l’endroit pour m’imprégner de l’univers très différent du mien dans lequel je suis plongée.

Le peuple togolais est soudé et pacifiste. Les religions ne sont pas source de conflits, les différentes ethniques non plus. La religion occupe ici une place importante : les citoyens d’un même village sont catholiques, protestants, musulmans ou adeptes d’une des croyances locales, mais ils sont tous très pieux. La vérité, c’est qu’ils y trouvent l’espoir, la force et l’envie nécessaires pour avancer. Les lieux de cultes arrivent à mobiliser la population et à amener les gens à s’entraider : ici la religion n’est pas source de désaccord, mais moteur d’une union, même interreligieuse.

C’est cette qualité humaine qui leur permet de vivre sereinement dans un État duquel ils ne peuvent tirer quasiment aucun avantage. Alors je comprends que mon aide, à mon échelle, est la bienvenue chez eux. Qu’ils aiment recevoir des étrangers pour améliorer leur vie plutôt que tomber dans la révolte.

Il existe des tas d’associations, toutes dans le développement de la santé, l’éducation et l’environnement. Toutefois, elles ne reçoivent aucune aide de l’État togolais. Le pays n’est pas un très grand exportateur agricole, donc les agriculteurs n’ont pas de grands moyens techniques pour cultiver le cacao et le café, et pas plus de moyens financiers pour s’en procurer.

Construire un « centre d’éveil sur le village »

Le mardi suivant, comme prévu, je me rends à Atité-Kopé afin de rencontrer le chef du village. Finalement, c’est devant une trentaine de personnes, en majorité des femmes, mais aussi les directeurs de différentes écoles, que je dois présenter notre projet nommé « Construction d’un centre d’éveil sur le village ».

En échangeant et en sondant la population, nous avons conclu qu’il serait utile et bienvenu de créer un « centre d’éducation » pour les enfants en bas âge qui restent seuls au village - l’école est trop loin pour qu’ils y aillent à pied - et pour les femmes qui souhaitent apprendre le français après leurs heures de travail. L’objectif est d’accroitre la réussite scolaire tout en aidant à la vente des produits sur le marché aux étrangers et à ceux qui parlent d’autres langues.

Le village loue deux terrains à Soutien Planète : l’un pour la construction du centre et l’autre pour constituer une pépinière dont les produits seront vendus. Les fonds ainsi accumulés seront ensuite reversés au centre pour l’achat de mobilier, d’un tableau noir, de cahiers et toutes autres dépenses utiles.

Après avoir comparé des devis, je termine la rédaction du projet et je descends sur Lomé pour prendre contact avec les entreprises. C’est ce qui constituera la plus grande partie du travail : trouver du financement et motiver les organismes de coopération internationale. Je recherche également des partenaires tels des écoles, des instituts, des centres, car cela assoit l’image d’une association crédible et fiable.

Aujourd’hui, la base de données est faite, les courriels envoyés et les coups de téléphone passés, malgré que ni internet ni le téléphone ne soient disponibles à Assahoun. Maintenant, nous attendons les retours et espérons du soutien tout en réfléchissant sans cesse à de nouvelles manières de récolter des fonds et d’accélérer le processus. Voilà mon défi pour les prochains deux mois et demi. »

Retrouver la chronique de Jessica Bosseaux sur notre blogue http://www.ethiquesetsocietes.com/blogue
La suite dans notre prochain numéro.

Crédit photo : Jessica Bosseaux

     
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