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Rwanda : une première femme condamnée pour génocide

Vendredi 24 Juin 2011
Rwanda : une première femme condamnée pour génocide

L'ancienne ministre de la Famille Pauline Nyiramasuhuko a écopé le 24 juin de la prison à vie pour sa participation au génocide, qui avait fait 800 000 morts au printemps et à l'été 1994, par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour génocide.

Pauline Nyiramasuhuko est la première femme reconnue coupable de tels faits par une juridiction internationale.

Pauline Nyiramasuhuko avait été nommée au ministère rwandais de la Famille en avril 1992. En 1994, elle est envoyée par le gouvernement à Butare, région du sud du pays, bastion de Tutsis et de Hutus modérés, où elle participe au génocide.

Dans un témoignage livré au New York Times, un des participants au génocide a raconté comment la ministre d'alors a supervisé la tuerie du stade de Butare.

Le 25 avril 1994, un piège est tendu aux Tutsis, attirés dans le stade par la promesse d'y trouver une aide de la Croix-Rouge. En fait d'assistance, ils tombent sur des Interahamwe, les milices génocidaires, qui les massacrent. Selon ce témoin, Pauline Nyiramasuhuko encourageait les miliciens à violer les femmes avant de les tuer.
L'ancienne ministre est arrêtée en 1997 au Kenya où elle avait fui.

Elle et son fils étaient les principaux accusés d'un groupe de six personnes poursuivies pour leur rôle dans le génocide des Tutsis à Butare. Leur procès, le plus long de l'histoire du TPIR, avait débuté en 2001, ralenti notamment par un nombre record de témoins. Dans son jugement, le TPIR a reconnu Pauline Nyiramasuhuko coupable de génocide, de conspiration en vue de commettre un génocide, d'extermination considéré comme un crime contre l'humanité et de viol considéré comme un crime contre l'humanité.

Elle et son fils écopent de la prison à perpétuité.



Dans le numéro de
Mars-Mai 2012


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