Le Sida en brefJeudi 10 Décembre 2009
 Benoîte Labrosse
L’acronyme SIDA désigne le syndrome d’immunodéficience acquise.
Cette maladie se manifeste chez les individus qui souffrent des stades les plus avancés d’une infection au virus de l’immunodéficience humaine, mieux connu sous le nom de VIH. Ledit virus, qui appartient à la famille des rétrovirus, détériore et détruit les cellules responsables de la destruction des particules et micro-organismes étrangers ainsi que des déchets cellulaires, ce qui provoque une détérioration progressive du système immunitaire de l’individu affecté.
L’Organisation mondiale de la santé a classé le développement du virus en cinq stades.
- D’abord la primo-infection, qui peut être asymptomatique ou encore occasionner un syndrome rétroviral aigu, une maladie semblable à la mononucléose. À ce moment, le nouvel infecté est hautement contagieux, mais il ne ressent peut-être aucun malaise. La seule manière de connaître son véritable état de santé est de subir un test de dépistage.
- La seconde étape du développement du VIH est le stade clinique 1, qui peut lui aussi être asymptomatique ou encore s’attaquer fortement aux ganglions lymphatiques. Le stade clinique 2 provoque ensuite une perte de poids mineure, de légères infections de la peau et des muqueuses, de même que de nombreux troubles des voies respiratoires.
- Le SIDA proprement dit fait son apparition chez certaines personnes arrivées au stade clinique 3 de l’infection au VIH. Cette étape peut inclure des diarrhées et fièvres chroniques prolongées, des infections bactériennes et buccales sévères, de même que la tuberculose.
- Le stade clinique 4 du VIH est synonyme de SIDA. Les sujets sont vulnérables aux 22 infections dites opportunistes et aux cancers liés au VIH, tels les sarcomes de Kaposi. Ces maladies sont soignables chez les personnes en bonne santé, mais peuvent être fatales pour l’individu dont le système immunitaire est fortement affaibli ; d’où leur étiquette d’opportunistes. Ce sont elles qui causent en réalité le décès des personnes infectées au VIH, et non pas le SIDA lui-même.
- La vitesse de développement des cinq stades du VIH varie d’une personne à l’autre, mais se situe généralement entre 5 et 15 ans après l’infection. Le traitement médical par antirétroviraux ralentit la progression du virus vers le SIDA tout en travaillant à atténuer les symptômes. Toutefois, aucun traitement curatif au VIH ou au SIDA n’a encore été développé.
Tout au long de l’évolution de sa maladie, l’individu infecté peut transmettre le VIH à son entourage. Il doit donc s’assurer d’éviter tout contact entre son sang et celui des autres. La femme enceinte peut aussi transmettre le VIH à son enfant lors de la grossesse, de l’accouchement ou de l’allaitement. Toutefois, ce risque est considérablement réduit par une prise en charge médicale adaptée. La personne infectée doit se protéger adéquatement au moment des contacts sexuels, qui sont responsables de 75% à 80% des transmissions.
Source : ONUSIDA
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La pandémie en chiffres
- En 2008, ONUSIDA estimait à 33,4 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde. Deux tiers d’entre elles (22,4 millions) résidaient en Afrique subsaharienne, dont 540 000 au Cameroun.
- Sur les 2 millions de décès attribuables au SIDA dans le monde cette même année, 72% sont survenus en Afrique subsaharienne, dont 39 000 au Cameroun. Près de 270 000 des décédés avaient moins de 15 ans.
- Environ 2,7 millions de nouvelles infections au VIH ont été dépistées en 2008, soit plus de 7400 nouveaux cas par jour. Environ 1,9 million d’entre eux se sont déclarés en Afrique subsaharienne, dont 330 000 chez des enfants de moins de 15 ans.
- Le nombre d’enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH en 2008 est estimé à 2,1 millions. Près de 91% d’entre eux demeurent en Afrique subsaharienne, dont 45 000 au Cameroun.
- Plus de 15 millions de femmes adultes souffraient du VIH dans le monde en 2008, dont 300 000 Camerounaises. En Afrique subsaharienne, elles constituent 60% des personnes infectées.
- L’épidémie laisse 14 millions d’orphelins en Afrique subsaharienne en 2008, dont 300 000 au Cameroun.
- À la fin de 2008, près de 4 millions de personnes recevaient un traitement antirétroviral dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ce qui représente 42% des besoins estimés. Il s’agit d’une augmentation de couverture de 36% en un an, et c’est en Afrique subsaharienne que les plus grands progrès ont été constatés.
Source : ONUSIDA |
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