Fiche pays : République centrafricaineVendredi 17 Juin 2011
 « Unité, dignité, travail »
- Capitale : Bangui
- Population : 4 500 000 habitants
- Superficie : 622 984 km2
- Langues : français, sango
- Religions : christianisme, animisme et islam
- Monnaie : franc CFA
- Chef de l’État : François Bozizé
- Pays frontaliers : Cameroun, Tchad, Soudan, République démocratique du Congo, Congo
- Indépendance : 13 août1960, de la France
Contexte politique et institutionnel : Le président est élu au suffrage populaire pour un mandat de cinq ans et nomme le premier ministre. L’actuel président, François Bozizé, est parvenu au pouvoir par un coup d'État contre Ange-Félix Patassé le 15 mars 2003, après une série de troubles et malgré l'intervention de la communauté internationale (MINURCA). Il remporta l'élection présidentielle organisée de mars à mai 2005 avec 64,6 % des voix contre Martin Ziguélé. Le mandat de François Bozizé se termine le 11 juin 2011, mais le parlement centrafricain a voté début juin la prorogation de son mandat jusqu’à l’organisation des élections, qui ont déjà été reportées par deux fois. Cette intervention de l’Assemblée nationale centrafricaine suit le report des deux élections, en avril et en mai, à la demande de la classe politique, de la société civile et des bailleurs de fonds du processus électoral, qui ont estimé que le pays ne remplissait pas les conditions de la tenue d’élections non contestées.
Contexte économique : La Centrafrique est l'un des pays les moins développés du continent. Son économie pâtit entre autres de l'instabilité politique, de l'enclavement de son territoire, de l'instabilité des prix de ses exportations et de l'endettement. Le revenu par habitant était de 700 $ en 2010. L'agriculture représente environ 55 % du PIB. Les principales cultures sont le manioc, les bananes, le maïs, le café, le coton et le tabac. Le nord-ouest et le centre du pays représentent un bassin agricole important pour les cultures de coton et de la canne à sucre. La faiblesse des infrastructures et du soutien à la production limite fortement les rendements, inférieurs à ceux des pays voisins. L'enclavement du pays demeure un handicap important. Depuis 2003, on assiste à un retour massif à de simples cultures vivrières, destinées à une consommation interne et locale. L'exploitation forestière contribue largement au PIB, avec d'importantes ressources en bois tropicaux. L'activité minière (or et diamants) constitue l'autre ressource importante du pays en ce qui concerne ses recettes d'exportation : la production officielle de diamants alluvionnaires de très bonne qualité s'établit à environ 500 000 carats par an. La production réelle est estimée au double environ, dont une économie parallèle de contrebande dans ce secteur. Les services publics (eau, électricité, téléphone), monopoles d'État, sont dans des situations financières difficiles, et les équipements sont pour la plupart vétustes, entraînant des ruptures de service très fréquentes. Le poids de la dette dans le budget national et la faiblesse du niveau des ressources propres rendent la gestion de l'État difficile et contribuent à la fragilité des institutions politiques.
Bref aperçu de la situation des droits de l’homme Des dizaines de milliers de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et plus de 130 000 autres sont réfugiées dans les pays voisins pour fuir les conflits armés entre les combattants locaux selon Amnesty International. Malgré le Dialogue politique inclusif (DPI) engagé en décembre 2008 pour mettre fin aux conflits, les combats ont continué dans le nord et l’est du pays en 2009. En juillet 2009, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a annoncé qu’il avait aidé à démobiliser près de 180 enfants âgés de 10 à 17 ans enrôlés à Ouham Pendé. Près de 20 000 personnes ont fui vers le Tchad ou le Cameroun voisins, tandis que plus de 100 000 autres étaient déplacées à l’intérieur du pays.
- Justice internationale
Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du Congo et commandant d’un groupe armé, était toujours détenu par la CPI en attendant son jugement pour les crimes qui auraient été commis en Centrafrique par son groupe en 2002 et 2003.
- Insécurité
En raison du climat d’insécurité qui règne dans toute la région, il était très difficile pour les organisations humanitaires et de défense des droits humains d’établir le nombre de blessés ou de morts suite aux différents affrontements. En avril 2009, deux collaborateurs locaux de l’organisation humanitaire italienne Cooperazione Internazionale ont été tués par la LRA.
- Impunité
Selon Amnesty International, les forces gouvernementales, en particulier des éléments de la garde présidentielle, ont pu commettre de nouvelles violations graves des droits humains sans être inquiétées. Un haut gradé de la garde présidentielle qui aurait perpétré en toute impunité des actes de torture et des homicides dans les années précédentes s’est à nouveau rendu coupable d’atteintes aux droits humains.
- Sorcellerie
La croyance en la sorcellerie est très répandue en Centrafrique. Des sorciers présumés ont été torturés et victimes de traitements cruels et parfois même tués. Amnesty International rapporte qu’en juillet 2009, un responsable de la prison de Mobaye (préfecture de la Basse Kotto) qui accusait une jeune fille de 15 ans d’avoir eu recours à la sorcellerie pour provoquer la mort de son épouse a ordonné à des détenus de lui arroser les bras de kérosène et d’y mettre le feu. L’adolescente a été grièvement brûlée. Elle avait été arrêtée en décembre 2008, accusée d’avoir causé la mort par noyade d’un garçon de 12 ans. Au moment de son arrestation, un groupe de personnes l’avaient frappée pour l’obliger à dénoncer ses complices présumés, qui auraient pris l’apparence de serpents et entraîné l’enfant au fond de l’eau. En septembre de la même année, le tribunal de grande instance de Bangui a déclaré coupables de sorcellerie et de charlatanisme quatre personnes, dont deux enfants de 10 et 13 ans.
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Dans le numéro de
Mars-Mai 2012 |

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