Fiche Pays : République du CamerounJeudi 16 Décembre 2010
 Paix, travail, patrie
Capitale: Yaoundé Population: 19294149 habitants Superficie: 475 442 km2 Langues : français, anglais Religions: christianisme, islam, animisme Monnaie: Franc CFA Chef de l’État: Paul Biya Pays frontaliers: Tchad, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Nigeria Indépendance: de la France, le 1er janvier 1960 et du Royaume-Uni, le 1eroctobre1961 |
Contexte politique et institutionnel:
Le Cameroun est une république. Le pouvoir exécutif, concentré autour du président, est détenu par Paul Biya depuis 1982. Le pouvoir législatif est en théorie exercé par deux chambres, une Assemblée nationale et un Sénat. Toutefois, le Sénat attend encore d'être mis en place. Enoctobre2004, Paul Biya est réélu avec près de 75% des voix à la suite d’élections très contestées. Le 8décembre2004, le président présente son nouveau gouvernement, avec à sa tête le premier ministre Ephraïm Inoni. Le 10 avril 2008, l'Assemblée nationale adopte un projet de loi sur la révision constitutionnelle qui permet à Paul Biya de prétendre à un autre mandat à la fin de son mandat en 2011. Les chefs traditionnels également ont conservé un réel pouvoir et sont consultés par les autorités centrales. Les codes juridiques modernes émanent des législations internationales, tandis que la règlementation juridique s'appuie sur le droit coutumier, ce qui permet aux Camerounais de conserver leurs cultures originelles. Le Cameroun est un melting pot de plusieurs ethnies réparties en quelques grands ensembles - sémites, hamités, bantous, semi-bantous et soudanais – très métissés. Le Cameroun compte un peu plus de femmes (50,6%) que d’hommes (49,4%). La moitié de la population a moins de 17,7 ans, même que le poids démographique des moins de 15 ans se situe à 43,6%. Quant aux personnes âgées de plus de 60 ans, elles ne représentent que 5,5% de la population totale. Malgré une démographie urbaine en croissance constante, une majorité de la population demeure en zone rurale.
Contexte économique:
Le Cameroun dispose de ressources naturelles agricoles - bananes, cacao, café, coton, miel -, forestières, minières et pétrolières. Le taux de croissance du PIB (produit intérieur brut) était de 3,9% en 2008. Toutefois, la dette publique constituait en 2009 14,3% du PIB et la dette extérieure totalisait 2 929 milliards de dollars. De 1965 à 1985, le Cameroun a connu une croissance économique soutenue de plus de 15% par an en moyenne. Porté par les prix des matières premières, il a longtemps été parmi les pays les plus prospères du continent africain. La situation économique s'est ensuite fortement dégradée jusqu'à la dévaluation du franc CFA en janvier 1994. Cette dévaluation avait été précédée d’une diminution des salaires de l'ordre de 70%. Après une décennie de récession caractérisée par une forte baisse du PIB et une chute de 40% de la consommation par habitant, le Cameroun a renoué avec la croissance économique depuis 1994 avec une moyenne de 5% par an. Aujourd’hui, 75% de la main-d'œuvre urbaine travaillerait dans le secteur informel, celui du travail non déclaré, et six ménages sur dix en tireraient au moins une partie de leurs revenus. L’importance du secteur informel aurait d’ailleurs tendance à croître de plus en plus depuis la crise économique. Quant au secteur de l'élevage, il contribue au PIB à hauteur de 165 milliards de francs. Il procure également des revenus à environ 30% de la population rurale. Le pays conserve globalement trois atouts: une production agroalimentaire à 95% autosuffisante, des industries du bois et des hydrocarbures performantes ainsi qu’une production d'aluminium assise sur d'importantes réserves de bauxite. Malgré ce potentiel, le Cameroun souffre d’une production énergétique déficitaire par rapport à la demande. Le pays connaît aussi des problèmes de corruption endémique et de finances publiques insuffisamment assainies, ce qui entraîne évidemment une attractivité moindre pour des investissements de capitaux privés et étrangers.
Bref aperçu de la situation des droits de l’homme:
Le Cameroun a ratifié un certain nombre de conventions internationales relatives aux droits de l'homme, telle la Charte africaine sur les droits et le bien-être de l'enfant ou encore la Convention des Nations Unies sur la torture.
- Comité des droits de l’Homme
Le Comité national des Droits de l'Homme et des Libertés (CNDHL) a été créé par décret présidentiel en 1990. C’est l'un des premiers organes mis en place dans le cadre d'un programme pour une plus grande démocratisation annoncé par le Président Biya en décembre 1990. Toutefois, le CNDHL n'a pu jouer qu’un rôle minime dans le processus de démocratisation, car son mandat est limité. De plus, la procédure de nomination de ses membres reflète la volonté du Président de conserver le contrôle étroit de l'exécutif sur toutes les institutions publiques. En pratique, les pouvoirs du comité sont faibles: il fait des recommandations aux autorités compétentes, mais elles ne sont pas contraignantes. À l'heure actuelle, le comité traite principalement les plaintes à l'encontre de personnes privées plutôt que les cas de violations des droits de l'Homme commises par l'État.
- Liberté d’expression
Amnesty International dénonce régulièrement l’existence de prisonniers d’opinion au Cameroun, notamment des journalistes, des militants des droits de l’homme et des membres des partis d’opposition. Le classement 2010 de la liberté de presse établi par Reporters sans frontières plaçait le Cameroun à la 129e place sur 178. En novembre dernier, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma, a regretté que l’organisme se soit surtout arrêté à «l’affaire Bibi Ngota», un journaliste mort le 28 avril dernier à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, faute de soins. Il a également a reproché à RSF d’avoir utilisé 47 critères qui, selon lui, ne correspondent pas à la réalité. Parmi ceux-ci, on relève les violences physiques perpétrées sur des journalistes et les agressions et menaces dont ils sont victimes dans l’exercice de leur profession de même que la difficulté d’accès à l’information.
- Homosexuels
Les droits des homosexuels sont encore bafoués au Cameroun. Depuis 2005, Alternatives-Cameroun, Human Rights Watch et d'autres organisations camerounaises et internationales dénoncent les abus et violences dont sont victimes les lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres (LGBT) au Cameroun. Elles demandent au gouvernement d'appliquer sans délai les recommandations du Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies, publiées le 29 juillet 2010. L’objectif est de rendre la loi camerounaise conforme au Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PICDP) qui dépénalise l’homosexualité, car elle actuellement passible de prison au pays. Les deux organisations ont également informé les Nations Unies du fait qu'au Cameroun, les programmes de prévention du VIH ne prévoient aucun service pour ceux qui ont des relations sexuelles avec une personne du même sexe. Le Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies a donc recommandé au gouvernement camerounais de mettre fin aux préjudices sociaux et à la stigmatisation dont sont victimes les personnes LGBT et d'adopter des programmes de santé publique «d'une portée universelle et qui assurent un accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à la prise en charge du VIH/SIDA».
|
Dans le numéro de
Mars-Mai 2012 |

|
Soutenez-nous !
Éthiques et Sociétés n’est affilié à aucun parti politique, aucune ONG en particulier ou autre groupe de pression que ce soit. N’hésitez plus, abonnez-vous dès maintenant à notre magazine et vous permettrez à une presse indépendante d’exister.

|
|