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Fiche Pays : République d'Angola

Jeudi 10 Décembre 2009

République d’Angola - L'union fait la force

Capitale : Luanda

Population : 16,81 millions d’habitants

Superficie : 1 246 700 km²

Langue : Portugais et Umbundu (35,7 %), Kimbundu (26,7 %), Kikongo (9,8 %), Quioco (4,5 %), Nganguela

Monnaie : Kwanza (AOA)

Chef de l’État : José Eduardo dos Santos

Pays frontaliers : République démocratique du Congo, République du Congo, Namibie et Zambie

Indépendance : 11 novembre 1975 (Portugal)

Villes principales : Luanda, Huambo, Lobito, Benguela, Lucapa

Religion : Croyance indigène (47%), 38% de Catholiques et 15 % de Protestants.

Contexte politique et institutionnel : L’Angola est un pays qui n’a jamais rompu avec la guerre depuis le début de la lutte armée de libération en 1961, à laquelle a succédé la guerre civile qui oppose depuis 1975, date de l’indépendance, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) au pouvoir et l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) de Jonas Savimbi. De ce fait, le processus démocratique en Angola est subordonné au processus de paix qui n’en finit pas d’être remis en cause. L’Angola est une République avec un pluripartisme depuis 1991. Son Président actuel est José Eduardo Dos Santos. Le Président de la République est élu pour cinq ans et doté de pouvoirs considérables. Il est le chef de l’État, du gouvernement et des Forces armées, il nomme le Premier ministre et les ministres ainsi que d’autres officiels désignés par la loi, nomme les juges de la Cour Suprême, préside le Conseil des ministres, signe, promeut et publie les lois de l’Assemblée et les décrets des ministres, préside le Conseil national de défense, décrète l’état de siège et l’état d’urgence, annonce la tenue des élections générales, amnistie et commue les peines.

Contexte économique : Avec une croissance moyenne de 20% ces trois dernières années, l’Angola fait partie des économies qui progressent le plus rapidement au monde. Son taux de croissance a ralenti à environ 15,8% en 2008 et devrait être négatif en 2009 avant de rebondir en 2010. Après 27 ans de guerre civile, la reconstruction est en cours, largement financée par la manne pétrolière. En raison de la hausse des prix des denrées alimentaires, l’inflation a grimpé à 13.2% en 2008 mais devrait reculer avec la baisse du prix des marchandises et le fléchissement de la demande intérieure. Même si l’Angola est toujours dépendant du pétrole, le secteur non pétrolier a récemment fait preuve d’un nouveau dynamisme, notamment dans l’agriculture, le BTP et les services. Cependant, l’effondrement récent des cours du pétrole menace la pérennité de l’essor. En effet, afin de préserver l’équilibre budgétaire et de limiter les emprunts à l’étranger, l’État prévoit de revoir ses dépenses pour 2009, ralentissant les efforts de reconstruction. Alors que le revenu par habitant est en progression, notamment dans les régions métropolitaines, la vie reste difficile pour la majorité des Angolais, touchés par l’omniprésence de la pauvreté et du chômage. Même si la stabilité politique s’est améliorée, la corruption reste endémique. Une amélioration du climat des affaires est nécessaire pour favoriser une croissance durable et la création d’emplois par une plus grande diversification et une meilleure productivité.

Bref aperçu de la situation des droits de l’homme : Officiellement, la Constitution reconnaît la pleine liberté d’expression, de croyance, de manifestation et d’association à l’exception des groupes militaires et paramilitaires, affirme la présomption d’innocence, le droit au travail, à la santé et à l’éducation.

  • Expulsions majeures

L’Angola connaît depuis plusieurs 2005 des vagues d’expulsions forcées qui se déroulent dans des conditions dramatiques, avec un usage excessif de la force. Les raisons avancées par les autorités reposent sur la nécessité de procéder à des aménagements en prévision de la Coupe d’Afrique des Nations de 2010, si ce n’est en direction de projets touristiques. Entre 2001 et 2007, des organisations locales et internationales ont documenté l’expulsion forcée de plus de 30 000 personnes. Une partie d’entre elles a vu leurs maisons démolies sans qu’elles soient préalablement prévenues, et encore moins consultées, sans protection légale ni logement alternatif adéquat. De nombreuses expulsions forcées ont été exécutées par des agents de la police, des membres des forces armées ou des entreprises de sécurité privée, faisant un usage excessif de la force.

  • Expulsions de Congolais

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) dénonce la persistance du manque de volonté politique d’assurer la protection effective des Congolais, victimes depuis 2004, des expulsions massives, cruelles, inhumaines et dégradantes de l’Angola. En septembre 2007, il est enregistré, par semaine, une centaine de Congolais expulsés d’Angola, surtout de la province de Lunda Norte dans la province du Kasaï Occidental où, à l’instar d’autres provinces frontalières, il n’existe, en RDCongo, aucune structure d’accueil et d’assistance d’urgence. Ces derniers mois, les expulsions se sont multipliées. La passivité du gouvernement congolais face à la récidive d’expulsions massives et inhumaines des Congolais et à l’occupation des villages à Kahemba dans la province de Bandundu contribue à augmenter la défiance et la méfiance de la population qui ne cesse de s’interroger sur le profil bas du gouvernement susceptible de cacher des accords secrets, de facture des guerres à payer par la RDCongo.

  • Liberté de la presse

La loi sur la presse du 15 juin 1991 a rétabli la liberté de la presse, de la radiodiffusion et de la télévision, supprimée en 1976. Le contrôle du gouvernement sur les médias reste cependant étroit, y compris sur certains journaux dits indépendants. Aucun parti politique d’opposition n’a réussi à trouver une imprimerie acceptant de faire des travaux pour eux. Par ailleurs, des atteintes à la liberté d’expression des journalistes ont été signalées. Plusieurs journalistes ont été harcelés par le biais de procédures pour diffamation. En juillet 2008 par exemple, le ministère des Postes et Télécommunications et le ministère de la Communication sociale ont ordonné conjointement à la station de radio privée Rádio Despertar d’interrompre ses émissions pendant 180 jours au motif qu’elle couvrait une superficie supérieure à celle autorisée par son permis de diffusion.

  • Défenseurs des droits humains

La situation des défenseurs des droits humains reste à ce jour encore tendue en Angola. En mai dernier, le bureau du Haut-commissariat aux droits de l’homme en Angola a été fermé à la demande du gouvernement. Les autorités ont déclaré que le bureau en question n’avait pas de mandat officiel, car il ne s’agissait que d’un résidu de la Mission d’observation des Nations unies en Angola (MONUA) qui avait été autorisé à rester dans le pays à la fin de la mission de maintien de la paix, en 2002. En septembre 2008, le procureur général a engagé une procédure devant la Cour constitutionnelle dans le but de faire interdire l’Association justice, paix et démocratie, arguant que les statuts de l’association contenaient des dispositions contraires au droit angolais.

 

Sources : Banque mondiale, http://www.afriquejet.com, http://www.amnestyinternational.be



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