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Fiche Pays : Burkina Faso

Lundi 17 Août 2009
Fiche Pays : Burkina Faso

République du Burkina Faso - La patrie ou la mort, nous vaincrons

Capitale : Ouagadougou

Superficie : 274000 km² Indépendance : 5 août 1960 (ancienne colonie française)

Population : 14,3 millions d'habitants, dont 18,4 % population urbaine et 81,6 % population rurale 81,6%

Densité : 46,1 hab./km²

Espérance de vie : 45,8 ans

Taux Brut de Scolarisation : 72,2% en 2008

Religions : Animistes, musulmans et chrétiens

Principales villes : Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Koudougou, Banfora, Fada, Tenkodogo, Kaya

Pays limitrophes : Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali, Niger, Togo

Climat : Saison sèche de novembre en mai et une saison pluvieuse de juin en octobre

Langues : Langue officielle, le français, et plusieurs langues courantes dont le mooré, le dioula et le foulfouldé (ou peulh), le bissa et le gulmancéma

Monnaie : Francs CFA

Contexte politique : Dans ce petit pays au coeur de l'Afrique de l'Ouest, la relative stabilité sociopolitique après des années de braises, est perçue comme une richesse. À l'évidence, le Burkina Faso revient de loin après des régimes d'exceptions où le respect des droits de l'homme était la vertu la moins partagée. Le pays fait toujours l'apprentissage de la démocratie depuis le passage à une vie constitutionnelle normale en 1991. Avec un climat politique relativement apaisée et une tendance à l'accélération de la croissance réelle (de 4,6% en 2002 à 7,1% en 2005 avec un pic de 8% en 2003), le pays surfe sur une vague d'optimisme, même si la forte demande sociale semble ramener à la dure réalité d'un pays aux maigres ressources. Des lueurs d'espoir pointent à l'horizon avec les belles promesses de sous-sol et de l'agriculture irriguée. Cependant, le Président Blaise Compaoré, triomphalement réélu en novembre 2005, sait bien que ses concitoyens l'attendent sur le terrain des réformes structurelles pour endiguer la pauvreté, combattre la corruption et l'insécurité grandissante. Le parlement renouvelé en juin 2007 est dominé par le parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et une dizaine de membres de l’opposition y siège.

Contexte économique : À l'instar de nombreux autres pays africains, le Burkina affiche un retard dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unies dont la réduction de la pauvreté absolue de 46,4% à 23,2% à l'horizon 2015. Le Burkina Faso reste l'un des pays les plus pauvres du monde. Mais il jouit d'une économie favorable aux échanges et d'infrastructures satisfaisantes. Les principales sources de recettes du pays sont le coton, suivi de l'élevage du bétail et de la production de karité. Le pays n'a pas d'accès à la mer et dispose de peu de ressources naturelles. Il a une faible base industrielle, ce qui fait que près de 90% de la population est dépendante de l'agriculture, qui représente près d'un tiers de la richesse nationale. Quant au secteur manufacturier, il compte pour approximativement un quart du PIB. Le tertiaire contribue à quasiment la moitié du produit intérieur brut. En 2008, la croissance avait été plutôt élevée et devrait pâtir faiblement du contexte de crise internationale actuel. Le taux de croissance devrait demeurer positif au cours des prochaines années.

Bref aperçu de la situation des droits de l’homme :

  • La corruption et l'insécurité grandissante constituent des préoccupations chez les Burkinabé. Même si les efforts des forces de l'ordre ont permis de faire baisser le nombre d'attaques à main armée, qui est passé de 13 cas en moyenne par mois en 2004, à 2 cas en moyenne par mois au dernier trimestre 2008, la peur hante la population qui n'avait pas jusque-là été habitué aux effets du grand banditisme. Pour y faire face, les effectifs de la Police et de la Gendarmerie seront concomitamment renforcés sur la période 2004-2009, à raison de 700 à 500 nouvelles recrues par an, respectivement.
  • Au Burkina Faso, les Organisations de la Société Civile (OSC) se subdivisent en onze composantes dont les organisations non gouvernementales (ONG) et les associations de développement. La mise en place des ONG semble se confondre avec les années d’indépendance et les ONG ont pris en main le « vide » laissé par les sociétés privées et l’État. Le nombre d’ONG enregistrées de nos jours est de 700. Il ressort que les OSC ont un rôle très important à jouer en matière de développement économique et social. De par leur présence sur le terrain, elles peuvent attirer l’attention des pouvoirs publics sur les problèmes de dénuement de manière fort efficace. Aussi, elles peuvent pallier aux insuffisances de l’État là où les besoins se font sentir en fonction de leurs compétences distinctives et de leur approche de terrain sur la base de contrats d’objectifs.
  • Concernant la peine de mort, selon l’ONG française Ensemble contre la peine de mort (ECPM), de nombreuses ONG locales luttent en faveur de son abolition comme par exemple le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP), qui mène le combat depuis 1994. À l’époque, un groupe de parlementaires, sous la direction de M. Benon T. Pascal avait fait une proposition de loi pour abolir la peine capitale. Mais le code pénal en vigueur, révisé en 1999, comporte toujours cette disposition.
  • Le MBDHP a été créé à la fin des années 80 dans un contexte révolutionnaire, au moment où il y avait des jugements expéditifs rendus par les tribunaux populaires de la Révolution. C’est pour lutter contre ces jugements expéditifs et le traitement dégradant et inhumain des citoyens burkinabè que certains intellectuels, notamment du milieu universitaire, se sont organisés sous forme d’association pour revendiquer publiquement le respect des droits de l’homme.
  • En février 2008, selon Amnesty International, plusieurs manifestations visant à dénoncer l’augmentation du coût de la vie ont eu lieu dans la capitale, Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. La situation a dégénéré lorsque des manifestants ont détruit des biens et lancé des pierres en direction de la police. Les forces de sécurité ont arrêté plusieurs centaines de personnes et 80 d’entre elles, ont été condamnées à des peines d’emprisonnement sans avoir pu bénéficier des services d’un avocat.

Fiche rédigée par Tiego Tiemtore.


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