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En route pour Copenhague…

Jeudi 10 Décembre 2009
En route pour Copenhague…

Le coup d’envoi est donné à Copenhague, au Danemark. La plus grande conférence internationale consacrée aux changements climatiques qui réunit quelques 15 000 participants issus de 193 pays s’est ouvert le 7 décembre 2009. Douze jours de débats dont beaucoup d’acteurs écologistes attendent des décisions concrètes et des engagements contraignants, notamment un traité imposant des directives pour réduire l’émission de gaz à effet de serre (GES), au-delà des désaccord et des méfiances entre les pays industrialisés et les pays émergents.

Le Sommet des Nations Unies sur le changement climatique s’est ouvert le 7 décembre 2009 pour douze jours de conférences avec pour objectif d'élaborer un nouveau traité, qui succédera au protocole de Kyoto de 1997, afin d'éviter que le climat ne se réchauffe trop du fait d'une aggravation de l'effet de serre. Lors de la cérémonie d'ouverture, le Premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, a annoncé d’entrée aux participants : « le monde place ses espoirs en vous pendant un court laps de temps de l'histoire de l'humanité ». Un effort commun qui semble insurmontable pour beaucoup de pays dont les revendications diffèrent en fonction des moyens qu’ils mettent en œuvrent pour tenir leur économie à flot.

Pays riches vs. pays pauvres

En effet, la principale source de désaccords en matière de politique internationale de changements climatiques porte sur des objectifs chiffrés à se fixer et à respecter en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi sur le montant du financement des pays riches destiné à aider les pays pauvres à s'adapter aux changements climatiques et à aller vers un modèle économique vert. Un montant estimé à 100 milliards d'euros par an. Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l'ONU, se dit optimiste et a insisté sur la nécessité d'arriver à un accord qui soit ambitieux, équitable, et qui réponde aux exigences de la science, et ce, tout en respectant les droits humains. Certes, les conséquences néfastes du changement climatique sont ressenties le plus durement dans les pays les plus pauvres qui vivent souvent dans des zones frappées par des catastrophes naturelles. Aussi, appelle-t-il les participants au Sommet de Copenhague à arriver à « un nouvel accord qui empêche davantage de changement climatique et protège les individus de ses conséquences négatives ».

Et l’Afrique…

Concernant les pays d’Afrique, tous ce sont accordés à parler d’une seule voix. Le Premier Ministre éthiopien Meles Zenawi, choisi comme chef de la délégation africaine, a confirmé que « pour la première fois dans l’histoire, l’Afrique aura une seule équipe de négociation habilitée à négocier au nom de tous les États membres de l’Union africaine… les intérêts et la position de l’Afrique ne seront pas passés sous silence ». Selon des projections de la Banque mondiale publiées à la mi-septembre, la consommation annuelle par habitant pourrait chuter de 4 à 5 % en Afrique en raison des changements climatiques liés à la montée des températures de la planète et du bouleversement des économies locales. D’ici 2030, environ 90 millions d’Africains de plus seront exposés au paludisme, les conditions devenant encore plus favorables à la multiplication des moustiques vecteurs de la maladie. Face à ces tristes prévisions, certains pays africains entendent se faire entendre à Copenhague. Signataire du protocole de Kyoto au titre de pays en développement, l'Afrique du Sud n'est soumise à aucune obligation de réduction des ses émissions de gaz à effet de serre. Comme le reste de l’Afrique sub-saharienne, l’Afrique du Sud devrait être sévèrement touchée par les conséquences du changement climatique. Le gouvernement a reconnu en juin 2008 la nécessité d’adopter progressivement des objectifs de réduction d’émissions, encadrés par une réglementation législative et fiscale. Cependant, en prévision des négociations de Copenhague, il a précisé en septembre dernier son refus de se voir imposer des objectifs d’émissions par les pays riches, car selon le porte parole du gouvernement Themba Maseko, « les réductions d’émissions de CO2 devront prendre en compte les besoins en développement du pays ». Une position alignée sur celle des autres grands pays émergents comme le Brésil, la Chine et l’Inde, qui mettent en avant leur croissance économique comme enjeu prioritaire.


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