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Urgence: Découverte d’un trafic d’esclaves sexuelles au Burundi.
La population sous le choc 

Charlotte Lopez

En septembre dernier, les Burundais ont reçu un électrochoc : la présidente de l’organisation non gouvernementale canadienne  Justice & Equity (Justice et équité) a dénoncé dans les médias, après des mois d’enquête, un réseau de trafic de jeunes esclaves sexuelles. « Nous sommes catastrophés, les familles sont désespérées; c’est une véritable horreur pour toute la population », résume Florence Boivin-Roumestan à Éthiques et Sociétés.   

Jusqu’à cette sortie publique, le Burundi fermait les yeux sur la pratique du trafic humain, qui a pourtant cours à l’intérieur de ses frontières depuis plusieurs années, selon la présidente de Justice et équité. Elle estime que ce phénomène a pris différentes formes par le passé, mais que, depuis  les années 90, c’est le trafic sexuel - et celui lié au travail - qui prédomine.  

« Aujourd’hui, c’est une industrie inimaginable, partout au Burundi et dans les pays transfrontaliers comme le Malawi, la Zambie, le Kenya...», se désole Mme Boivin-Roumestan. L’ONG est d’ailleursdébordée, car énormément de jeunes filles burundaises sont envoyées à l’étranger. Elle tente donc de bloquer ce trafic aux frontières et de faire en sorte que ces enfants soient récupérés par les autorités burundaises et par leurs familles. Une fois  sortis du pays et rendus en Europe, en Asie ou en Amérique, il est en effet plus difficile de les retrouver. 

Il y a actuellement dix pays reconnus pour abriter les responsables de cette traite - le Malawi, la Zambie, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Mozambique, l’Ouganda, les États-Unis, le Liban, l’Australie, le Congo -, mais la présidente de Justice et équité est consciente qu’il y en a davantage. « Les jeunes filles sont transférées dans des camps de réfugiés, puis envoyées dans le monde entier, où le trafic sexuel des jeunes filles est tout simplement considérable » s’exaspère-t-elle.  

Ces fillettes et adolescentes, âgées de 7 à 16 ans, quittent leur pays sous prétexte d’être scolarisées. « On promet à leurs parents qu’elles auront une bonne éducation et du travail, c’est une chance inespérée pour ces familles. On les habille bien, on leur donne des téléphones… Une fois arrivées dans les villes et villages, elles sont vendues à des hommes à qui elles doivent obéissance, raconte Mme Boivin-Roumestan. Il y a des maisons closes partout, et énormément de pédophilie. » Et les parents n’entendent plus jamais parler de leurs filles parties au loin. La présidente de Justice et équitésouligne aussi que celles-ci sont souvent emmenées pour travailler comme domestiques dans des maisons privées contre un salaire dérisoire ou inexistant. Tous les hommes de la maison peuvent alors « se servir ». 

Des rabatteurs en culotte courte 
Par ailleurs, il existe aussi, selon l’ONG, des élèves rabatteurs dans les écoles primaires et secondaires. Ces derniers sont payés par des proxénètes ou des réseaux extérieurs pour chercher des jolies filles, souvent leurs amies de classe; ils les invitent chez eux pour ensuite les droguer et les vendre à des fins de prostitution. En plus d’être des esclaves sexuelles, elles sont également battues et soumises aux hommes qui les détiennent. « C’est absolument gravissime, se révolte Mme Boivin-Roumestan. Maintenant, c’est entre jeunes que ça se passe. On pense avoir confiance en notre ami ou même en notre propre famille, et il n’en est rien. » Seulement à Bujumbura, la capitale nationale, l’ONG dénombre à l’heure actuelle 30 écoles et universités où ce genre d’activités se déroule.

     
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