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Urgence

Le Darfour, tout le monde s’en mêle, rien n’avance !

Cour pénale internationale, Union africaine, personnalités médiatiques, Libye, organisations internationales, milices arabes,…le Soudan et particulièrement la région du Darfour sont encore en proie à des violences et une insécurité humanitaire qui est loin de se résorber avec près de 4,7 millions de personnes qui dépendent entièrement de l'aide internationale. Le Darfour est aujourd’hui le théâtre de la plus importante mission humanitaire au monde en termes d'effectifs et de fonds mobilisés.

Vendredi 3 juillet, des inconnus armés enlèvent deux employées de l'organisation non gouvernementale (ONG) irlandaise Goal. Les deux femmes enlevées, une Irlandaise et une Ougandaise, se trouvaient dans leur camp de Kutum, localité du nord de la région. Il s'agit du troisième enlèvement d'humanitaires étrangers au Darfour depuis qu'un mandat d'arrêt a été émis en mars dernier par la Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre du président soudanais Omar el-Béchir, accusé d'avoir orchestré les crimes de guerre commis dans la région.

Le même jour et sous la pression du président libyen, Mouammar Kadhafi, qui dénonce l'impérialisme et la partialité de la CPI, l’Union africaine (UA), réunie à Syrte, en Libye, décidait que ses membres « ne coopéreront pas » avec la CPI. Malgré l’appel de personnalités africaines avant le sommet, dont les Prix Nobel de la Paix Wangari Maathai et Desmond Tutu, qui demandent dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants africains de soutenir le travail de la CPI pour « aider la population du Darfour et tous les Soudanais à trouver la justice et la paix », l'UA dans sa résolution finale reste ferme et reproche au Conseil de sécurité de l'ONU de ne pas avoir répondu à sa demande de suspendre les poursuites contre Omar el-Béchir.

Cependant, la portée de cette résolution reste pour l'instant incertaine puisque 30 pays africains ont adhéré aux statuts de la CPI et restent donc dans l'obligation d'arrêter Omar el-Béchir s'il pénètre sur leur territoire.

Mais sur les 53 États que compte l’UA, le Botswana a annoncé le 5 juillet qu'il coopèrera de son côté avec la CPI. Son ministre des Affaires étrangères, Phandu Skelemani, a annoncé par voie de communiqué que « le gouvernement du Botswana souhaite réaffirmer sa position qu'en tant qu'État membre du Statut de Rome sur la CPI, le traité l'oblige à coopérer totalement avec la CPI pour l'arrestation et le transfert du président soudanais à la CPI. » M. Skelemani a même accusé le président de l'UA, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, de l'avoir empêché de s'exprimer en raccourcissant le débat.

Incertitudes politiques, rapports de forces, guerre diplomatique ou ingérence, ce sont les associations humanitaires sur place qui en font les frais, mais surtout les populations qui dépendent de cette aide. On évaluerait aujourd’hui à 4,7 millions les personnes dépendantes de l'aide humanitaire. Le Darfour en proie à un conflit complexe est aujourd’hui le théâtre de la plus importante mission humanitaire au monde en termes d'effectifs et de fonds mobilisés.

Pourtant, on aurait pensé à une amélioration en juin dernier lorsque les Nations-Unies annonçait que le gouvernement soudanais s’était dit prêt à réintégrer des ONG sur son territoire après avoir ordonné trois mois auparavant le départ de 13 d’entre elles suite à l'émission du mandat d'arrêt. Mais selon le site Sudan Tribune, le gouvernement soudanais a « nié de manière véhémente » vouloir autoriser le retour des ONG. « Celles qui ont été expulsées sont expulsées. On ne les autorisera pas à revenir », a soutenu Abdel-Mahmood Abdel-Haleem, envoyé soudanais aux Nations-Unies.

Khartoum est semble-t-il face à un dilemme : autoriser le retour des ONG expulsées au risque d'entamer sa crédibilité ou s'y opposer et fragiliser encore la situation déjà précaire des populations civiles. Il semblerait aujourd’hui que le gouvernement soudanais pourrait autoriser les ONG bannies à revenir, mais sous un autre nom. Par exemple, l'organisation Care, présente au Darfour par le biais de sa branche américaine avant d'être expulsée, pourrait ainsi revenir en tant que Care International.

Depuis 2003, Khartoum est accusé de soutien aux milices arabes Janjawids dans leur politique de massacre et d'écrasement des populations africaines darfouries. Cette guerre a fait 300 000 morts selon des estimations de l'ONU, 10 000 selon Khartoum, et 2,7 millions de déplacés.

(Photo : Femmes en attente de traitement médical au camp de Zamzam, opération hybride supervisée par l’Union africaine et les Nations Unies, El Fasher, Soudan, 4 juin 2009. Crédit Photo : Photographie de l’ONU par Olivier Chassot)

     
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