Urgence
Conférence internationale sur les changements climatiques à Durban
Climat : +3,5 °C / Engagement sur les émissions de gaz à effet de serre : 0
Près de 12 000 personnes dont des experts du climat et de l’énergie, des ministres de l’Environnement, des organisations non gouvernementales et des délégués de 190 pays sont actuellement réunies à Durban, en Afrique du Sud, où se tient la 17ème Conférence internationale sur les changements climatiques qui a débuté le 28 novembre. Les participants ont jusqu’au 9 décembre pour trouver un accord visant à contenir le réchauffement climatique sous le seuil de 2°C. Un objectif compromis au vue des derniers chiffres concernant les émissions de gaz à effet de serre qui ont augmenté de 6% en 2010. Retour sur les enjeux.
Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a exhorté le 6 décembre les États membres à faire de réels progrès dans les négociations sur le climat tout en reconnaissant que les difficultés étaient nombreuses, notamment à cause de l’actuelle crise économique que subissent de nombreux pays. « Il est peut-être vrai que, comme beaucoup le pensent, le but ultime d'un accord complet et contraignant n'est pas réalisable pour le moment, a confirmé Ban Ki-moon. Cependant je souhaite être clair qu'aucune de ces incertitudes doivent nous empêcher de faire des progrès réels ici à Durban. Nous pouvons en effet avancer sur les dossiers clés », a-t-il ajouté en rappelant que l'avenir de la planète est en jeu alors que l'Organisation météorologique mondiale a indiqué que les émissions en gaz à effet de serre battent actuellement des records avec une augmentation de 6% en 2010.
Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat a de son côté affirmé que les émissions de gaz à effet de serre devront être réduites de moitié d'ici à 2050 si l'on veut limiter la hausse des températures à deux degrés Celsius comparé au niveau préindustriel.
Ban Ki-moon a appelé les pays industrialisés à se mettre d'accord sur l'avenir après le Protocole de Kyoto afin d'avoir des objectifs contraignants. « Si le Protocole de Kyoto ne résout pas tout seul notre problème climatique, il constitue une fondation sur laquelle nous pouvons construire, avec des institutions importantes. Il apporte un cadre dont le marché a besoin. Le commerce du carbone dépend d'un système avec des règles claires et des prix transparents », a expliqué le Secrétaire général.
L’enjeu de la Conférence à moyen terme est de trouver un accord mondial légalement contraignant, au plus tard en 2015 et ce, impliquant tous les pays.
Selon la Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Christiana Figueres, les gouvernements peuvent prendre deux mesures décisives à Durban. La première consisterait à compléter la série de mesures destinées à préparer les pays en voie de développement aux changements climatiques et à les aider à limiter les émissions de gaz à effet de serre. « Le mécanisme technologique et le Comité d'adaptation que nous avons décidé d'établir lors du sommet de Cancun pourront être complétés ici à Durban afin qu'ils puissent commencer à fonctionner en 2012. À Durban, la première phase de la conception du fonds climatique vert pourra être approuvée, ce qui serait un grand pas en avant vers une meilleure politique climatique », a déclaré Mme Figueres. La seconde mesure décisive qui pourra être prise à Durban est relative à la manière dont les gouvernements travailleront ensemble pour atteindre leur objectif commun de limiter l'augmentation de la température à un niveau qui empêcherait les pires ravages causés par les changements climatiques.
L'avenir du protocole de Kyoto, seul traité international imposant des objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre à une quarantaine de pays industrialisés, reste le sujet clé de la Conférence. Les pays en développement exigent en effet que les pays développés reprennent leurs engagements à la fin de la première période du protocole de Kyoto, qui se termine en 2012. Mais très peu de ces pays industrialisés se disent prêts à vouloir maintenir en vie un outil qui couvre désormais moins de 30% des émissions globales et ne s'applique pas aux deux plus grands émetteurs de CO2, soient la Chine et les États-Unis qui émettent plus de 40% à eux deux.
À ce jour, la Chine s’est dite prête à accepter un accord contraignant où tous les pays seraient tenus de respecter les cibles de réductions des gaz à effet de serre. Or, l'attitude du Canada et des États-Unis attire les critiques des acteurs impliqués dans la lutte contre les changements climatiques. Le Canada, ainsi que le Japon et la Russie, seraient même prêts à se retirer du protocole de Kyoto et les États-Unis à repousser encore l'adoption d'une nouvelle entente.
(Source: Centre d’actualités des Nations Unis)