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Santé/Analyse-Décryptage  


Les ONG ont un rôle à jouer dans la gratuité des soins

Etienne Plamondon Emond 

Une utopie, l'accès gratuit aux soins de santé en Afrique de l'Ouest? Non, selon le chercheur Valéry Ridde, qui croit que les ONG ont un rôle crucial à jouer pour paver la voie vers un accès plus équitable aux soins de santé sur le continent.   

« La gratuité des soins ne profite pas à ceux qui en ont le plus besoin! »
« La gratuité des soins entraîne une charge de travail insurmontable pour le personnel de santé! »
« Quand les soins sont gratuits, leur qualité est mauvaise! »  
« Rendre les accouchements gratuits va provoquer une hausse des naissances! »

Ces idées reçues, Valéry Ridde, professeur affilié au Centre de recherche du centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM), s'applique à les déconstruire. Il vient tout juste de rédiger - pour le compte de l’ONG Oxfam - une série de fiches visant à démontrer que ces déclarations à l'emporte-pièce sont fausses. Ces fiches constituent aussi une réponse à l’inquiétude qu'il manifestait à la fin de son ouvrage L'accès au soin de santé en Afrique de l'Ouest, publié aux Presses de l'Université de Montréal en 2012. 
 
La crainte de M. Ridde, c'est de voir s'effriter le fragile consensus en faveur de l'abolition du paiement direct des soins de santé. Cette mesure, qui exige de tout patient une contribution financière, s'est répandue en Afrique de l'Ouest après l'Initiative de Bamako, formulée par l'UNICEF et adoptée ensuite par les ministres de la Santé des pays de la sous-région en 1987. L'Initiative de Bamako visait à générer des revenus pour améliorer la qualité des soins primaires, faciliter l'approvisionnement en médicaments essentiels et rendre plus équitable l'accès aux services de santé. Or, la cible de l'équité n'a pas été atteinte. Loin de là. Freinés par la barrière financière, les plus pauvres ont plutôt cessé d'aller consulter. 

Aujourd'hui, les appréhensions de Valéry Ridde semblent se concrétiser. Après plusieurs années d'hésitation, les gouvernements ont tenté des expériences locales d'exemption de paiement, qui ciblaient souvent spécifiquement les enfants de moins de 5 ans ou les femmes enceintes. La hausse de l'utilisation des services a été sans équivoque. Mais, victimes de leur succès, certaines tentatives ont connu des ratés : rupture dans l'approvisionnement en médicament, retard dans les remboursements de l'État, absence de mesure pour atteindre les plus pauvres, mécontentement du personnel, plus sollicité qu'auparavant. 

Ces faiblesses sont en grande partie causées par l'improvisation avec laquelle les initiatives ont été instaurées. « Quand les [décideurs] mettent les politiques en place, ils ne se donnent pas tous les moyens pour y arriver, observe Valéry Ridde. La population et les décideurs ne font pas souvent la différence entre le principe de gratuité et la manière dont celui-ci a été mis en œuvre. Et comme le principe est mal mis en œuvre, les gens tapent sur le principe. »   

Le livre L'accès aux soins de santé en Afrique de l'Ouest se voulait d'ailleurs, pour Valéry Ridde, une façon de diffuser ses recherches sur le sujet, de façon à ce que les décideurs francophones puissent tirer des leçons des politiques de gratuité de soins déjà mises à l’épreuve. « Une fois que j'ai eu le bouquin en main, je suis allé dans les ministères et j'en ai donné en espérant qu'éventuellement ils ouvrent le document », fait-il remarquer.

     
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