Accueil | Boutique | Abonnement Magazine | Contact

Abonnez-vous au magazine Sans Frontières : 49$/an Livraison incluse

Abonnement magazine
**Le magazine Éthiques et Sociétés devient le Magazine Sans Frontières.Visitez notre nouveau site internet.

Le sort inquiétant des migrants libyens

L’éviction du leader libyen Mouammar Kadhafi a certes entrainé la victoire des rebelles et du Conseil national de transition (CNT), mais elle a aussi causé le déplacement massif de populations. Que ce soit les migrants d’Afrique noire accusés par les rebelles d’être des mercenaires à la solde de Kadhafi ou les déplacés libyens qui quittent les zones de combats, tous se réfugient dans des camps de fortune avant de rentrer chez eux ou, au mieux, d’atteindre l’Europe. Les organisations humanitaires tentent aujourd’hui de contenir ces flux migratoires improvisés.

Le 16 septembre dernier, le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et ses partenaires en Libye se sont dits préoccupés par la situation des ressortissants de pays tiers - Somalie, Érythrée, Soudan – ainsi que des réfugiés, en Libye. Le HCR et l’Organisation internationale des migrations (OIM) travaillent étroitement avec le Conseil national de transition pour tenter d'améliorer la situation en termes de protection des réfugiés et des migrants. Ils tentent, entre autres, de mettre en place une stratégie de communication auprès du public, de délivrer des documents temporaires et d’identifier des hébergements pour les migrants, les demandeurs d'asile et les réfugiés vulnérables.

Depuis que le HCR et l'OIM ont rétabli leurs services d'assistance téléphonique dans la zone de Tripoli, ils ont reçu de nombreux appels de la part de réfugiés et de migrants. Ces derniers dénoncent de nombreux incidents, dont la détention arbitraire, et font part de leur besoin d'une aide alimentaire d’urgence.

Le HCR se dit également inquiet par les habitants déplacés en raison des combats. Par exemple, plus de mille personnes originaires du village de Tewergha vivent dans trois installations de déplacés dans la banlieue de Tripoli, car leurs maisons et les écoles ont été détruites. Environ 6 000 personnes originaires de Tarhona vivent quant à eux dans trois différents sites de la banlieue de Tripoli. Un autre groupe de 6 000 personnes originaires de Bani Walid a fui le conflit vers trois sites de déplacés à une distance entre 30 et 60 kilomètres de leur région. Finalement, dans l'est du pays, bien que les premiers retours sont rapportés dans de nombreuses villes, comme Ajdabiya, l’organisation Libyan Aid a fait état de plus de 50 000 personnes qui sont toujours déplacées, dont près de la moitié à Benghazi.

Parallèlement, le CNT veut effectuer un contrôle des migrants tentant de fuir le pays afin de s’assurer que des mercenaires ne se cachent pas parmi eux. Selon l’OIM, près de 3 000 migrants sont donc actuellement bloqués dans la ville méridionale de Sebha, une des dernières poches de résistances des pro-Kadhafi, en attendant les contrôles du CNT.

Direction Europe

La Libye a toujours été une porte ouverte vers l’Europe. Sauf que, depuis la défaite de Kadhafi - qui servait de garde-barrière aux dirigeants européens -, les flux migratoires se sont considérablement amplifiés. Plus de 20 000 immigrés venant de Libye, essentiellement des gens d’origine d’Afrique subsaharienne, ont débarqué ces derniers mois en Italie et en Tunisie.

Selon le HCR, au moins 1 500 migrants partis de Libye sur des embarcations de fortune auraient disparu depuis le début des combats, à la mi-mars. Ce sont pour la plupart des travailleurs immigrés venant d'Afrique et des réfugiés des autres conflits de la région. Ceux qui arrivent effectivement à destination causent un problème complexe aux pays qui les reçoivent. Victimes de persécutions au pays du CNT, les Africains venus de Libye pourront demander l’asile politique en Europe. Ils sont donc plus difficilement expulsables en raison de la situation politique qui prévaut en Libye ou dans leur pays d’origine, la Somalie par exemple.

Outre le continent européen, l'Algérie voisine accueille depuis début août des Touaregs libyens qui se disent pourchassés par les rebelles. Selon le quotidien Ennahar, plus de 10 000 Libyens auraient trouvé refuge en Algérie depuis février dernier. Certains migrants trouvent aussi refuge dans des camps en Tunisie et en Égypte. Ce sont principalement des Somaliens, des Érythréens, des Soudanais du Darfour, des Irakiens, des Éthiopiens et des Ivoiriens déjà expatriés en Libye qui fui maintenant les combats et les agressions dont ils sont l'objet dans leur pays d’accueil.

Face à ces flux migratoires hors-norme, le HCR a de son côté fait appel aux pays désirant accueillir une part des réfugiés qui attendent d’être rapatriés dans leur pays d’origine. Selon les statistiques du HCR, 11 États ont répondu à l'appel, s'engageant à accueillir 2500 réfugiés. Les États-Unis arrivent en tête avec 1 550 « places de réinstallation » promises. La Norvège suit avec 425 places, puis viennent la Suède, les Pays-Bas, la Belgique, l'Irlande, le Canada, l'Australie, le Portugal, le Danemark et la Finlande.

Les grands absents de cette liste de pays hôtes sont l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France. Ayant contribué à hauteur de 3 millions d'euros aux opérations de rapatriement de l'OIM, cette dernière estime par ailleurs avoir suffisamment donné.



Crédit Photo : Photographie de l’ONU par David Ohana

     
    Abonnement magazine

    pub



     
       
    Emploi a domicile ONG Afrique Cellulite Huile d'olive Comment jardiner Vergetures Traitement rides Condo a louer Floride Roulette en ligne