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Point Philo

À l’heure où l’information va subitement plus vite que le temps de la réflexion, attardons-nous ici sur une sélection de textes et leur éclairage contemporain.

Voici un extrait du livre Le don, la dette et l’identité de Jacques T. Godbout (Montréal, Éditions La découverte, Éditions du Boréal, 2000, 190 pp.), qui nous livre sa conception du bénévolat.

« Qu'est-ce que le bénévolat ? Le philanthrope donne de l'argent, le héros donne (ou risque de donner) sa vie, le bon Samaritain donne son manteau et l'hospitalité. Que donne le bénévole ? Il donne du temps – soit le don de ce qui manque le plus aux individus modernes d'après les sondages.

Le bénévole donne son temps. Il ne le fait pas payer et ne demande rien en retour. En ce sens, il va à l'encontre des valeurs de la société actuelle fondées sur le salaire et le profit. « Rappelle-toi que le temps, c'est de l'argent », disait Benjamin Franklin. Pour le bénévole, le temps, ce n'est pas de l'argent ! Être bénévole, c'est faire mentir Benjamin Franklin... et agacer parfois les syndicats ! Le bénévolat est un don de temps à des étrangers. Le nombre de bénévoles est en augmentation. Mais le domaine connaît actuellement une évolution importante et subit des pressions provenant notamment du secteur public. Plusieurs facteurs contribuent à cette évolution du bénévolat.

En réaction contre l'idée traditionnelle du bénévolat-sacrifice, on se veut moderne et on tend à valoriser le fait que faire du bénévolat « rapporte » (en termes de prestige, de contacts, d'expérience...). Le lien subtil fin-moyen essentiel au don se rapproche alors du modèle de la rationalité instrumentale.

Les rapports de plus en plus étroits qu'entretient le bénévolat avec l'État qui le subventionne et lui confie des missions spécifiques transforme son rôle. Il tend à devenir un instrument de l'État. Dans ce contexte, nombre de bénévoles en viennent à percevoir leur rôle différemment, et demandent des compensations pour un travail non payé. Ils en arrivent ainsi à concevoir leur action sur le modèle du rapport salarial.

Quel que soit le lieu de sa pratique, de son « don », le bénévole est de plus en plus « encadré », entouré de salariés de toutes sortes, ou de travailleurs non salariés puisque l'État utilise les organismes de bénévolat pour des programmes de réinsertion professionnelle. Le caractère libre et gratuit de l'acte, essentiel au don, risque de se dissoudre. C'est à l'intérieur des organismes d'inspiration ou de type religieux que l'action demeure dominée par les normes du don. L’importance des principes (de l'esprit) est évidente ici. Mais même les organismes religieux basés sur l'esprit de charité n'échappent pas complètement à cette transformation.

La contamination bureaucratique et professionnelle affecte donc le bénévolat. Mais en règle générale, tant qu'un rapport direct avec le receveur est maintenu, le don en demeure le principe organisateur, même si la relation donateur-donataire elle-même s'inscrit dans un programme étatique ou simplement dans un milieu professionnel (hôpitaux, etc.). »

 

     
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