Accueil | Boutique | Abonnement Magazine | Contact

Abonnez-vous au magazine Sans Frontières : 49$/an Livraison incluse

Abonnement magazine
**Le magazine Éthiques et Sociétés devient le Magazine Sans Frontières.Visitez notre nouveau site internet.

Point Philo

À l’heure où l’information va subitement plus vite que le temps de la réflexion, attardons-nous ici sur une sélection de textes et leur éclairage contemporain.

Voici un extrait de l’Éthique à Nicomaque d’Aristote qui nous livre sa conception du bonheur (nouvelle traduction avec Introduction, notes et index par J. Tricot, quatrième édition, Bibliothèque des Textes Philosophiques, Paris, Librairie Philosophique J. Vrin, 1987, 1095a 10/20 p. 40, 43).

" Puisque toute connaissance, tout choix délibéré aspire à quelque bien, voyons quel est selon nous le bien où tend la Politique, autrement dit, quel est, de tous les biens réalisables, celui qui est le Bien suprême. Sur son nom, en tout cas, la plupart des hommes sont pratiquement d'accord : c'est le bonheur, au dire de la foule aussi bien que des gens cultivés ; tous assimilent le fait de bien vivre et de réussir au fait d'être heureux. Par contre, en ce qui concerne la nature du bonheur, on ne s'entend plus, et les réponses de la foule ne ressemblent pas à celle des sages. Les uns, en effet, identifient le bonheur à quelque chose d'apparent et de visible, comme le plaisir, la richesse ou l'honneur ; pour les uns c'est une chose et pour les autres, une autre chose [...].

Les hommes, et il ne faut pas s'en étonner, paraissent concevoir le bien et le bonheur d'après la vie qu'ils mènent. La foule et les gens les plus grossiers disent que c'est le plaisir: c'est la raison pour laquelle ils ont une préférence pour la vie de jouissance. C'est qu'en effet les principaux types de vie sont au nombre de trois : celle dont nous venons de parler, la vie politique, et en troisième lieu la vie contemplative. La foule se montre véritablement d'une bassesse d'esclave en optant pour une vie bestiale, mais elle trouve son excuse dans le fait que beaucoup de ceux qui appartiennent à la classe dirigeante ont les mêmes goûts qu'un Sardanapale*. Les gens cultivés, et qui aiment la vie active, préfèrent l'honneur, car c'est là, à tout prendre, la fin de la vie politique. Mais l'honneur apparaît comme une chose trop superficielle pour être l'objet cherché, car, de l'avis général, il dépend plutôt de ceux qui honorent que de celui qui est honoré ; or nous savons d'instinct que le bien est quelque chose de personnel à chacun, et qu'on peut difficilement nous ravir. En outre, il semble bien que l’on poursuit l’honneur en vue seulement de se persuader de son propre mérite; en tous cas, on cherche à être honoré par les hommes sensés et auprès de ceux dont on est connu, et on veut l’être pour son excellence. Il est clair, dans ses conditions, que, tout au moins aux yeux de ceux qui agissent ainsi, la vertu l’emporte sur l’honneur. Peut-être pourrait-on aussi supposer que c’est la vertu plutôt que l’honneur qui est la fin de la vie politique. Mais la vertu apparaît bien, elle aussi, insuffisante, car il peut se faire, semble-t-il, que possédant la vertu, on passe sa vie entière à dormir ou à ne rien faire, ou même, bien plus, à supporter les plus grands maux et les pires infortunes. Or nul ne saurait déclarer heureux l’homme vivant ainsi à moins de vouloir maintenir à tout prix une thèse. »

(*"Sardanapale" fut un roi qui vécut dans la débauche)

     
    Abonnement magazine

    pub



     
       
    Emploi a domicile ONG Afrique Cellulite Huile d'olive Comment jardiner Vergetures Traitement rides Condo a louer Floride Roulette en ligne