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Hommage à Nelson Mandela 1918-2013.
Le sida, dernier grand combat de Madiba.

Benoîte Labrosse

«Le VIH-sida est pire qu'une guerre, affirmait Nelson Mandela en décembre 2000. Mais cette guerre peut être gagnée.» Malheureusement, le premier président sud-africain démocratiquement élu ne pourra jamais en célébrer la victoire : il est décédé le 5 décembre dernier à son domicile de Johannesburg des suites d'une infection pulmonaire. Retour sur le dernier chapitre de la longue vie de militant de celui que tous surnommaient affectueusement Madiba.

L’un des rares faux pas de Nelson Mandela durant son passage à la tête de l’Afrique du Sud (1994-1999) aura sans aucun doute été le peu d’attention accordée publiquement à l’épidémie de VIH-sida, même si ces cahiers de notes personnels montrent qu’il s’en inquiétait déjà en 1991. A posteriori, il a justifié sa retenue par la pudeur de ses concitoyens : « les Africains sont très conservateurs en matière de sexe. Ils ne veulent pas que l'on en parle. »

Sa perspective a beaucoup changé une fois les rênes du pouvoir transmises à Thabo Mbeki. « L’Histoire nous jugera durement si nous ne faisons rien », s’est inquiété Mandela à la 13e conférence internationale sur le sida à Durban, en juillet 2000. Même s’il l’ex-président s’était promis de ne pas confronter son successeur, il n’a pu s’en empêcher quand celui-ci a remis en question le lien entre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et le sida. Mbeki évoquait un « complot des firmes pharmaceutiques occidentales pour inonder l’Afrique de médicaments toxiques ».

En 2002, alors que le virus fait jusqu’à 1 000 morts par jour au pays - qui compte alors le plus grand nombre de séropositifs au monde, environ 5 millions, soit 20 % des adultes - la Fondation Nelson Mandela a fait de la lutte contre l'épidémie son cheval de bataille, car « le sida n'est plus seulement une maladie, c'est un problème de droits de l'Homme ». L’ONG tentait d’infléchir Thabo Mbeki, qui s'opposait fermement à la distribution d’antirétroviraux dans les hôpitaux publics. Pour lui forcer la main, Madiba s’est rendu au chevet du président de la Treatment Action Campaign (Campagne d’action pour les traitements), le sidéen Zackie Achmat, qui faisait une « grève de médicaments » en signe de protestation. « Ce n’est pas un ennemi du gouvernement, mais un modèle à suivre, estimait le militant chevronné. Son action est basée sur des principes fondamentaux que nous admirons. » Pressé par l’opinion publique, le gouvernement Mbeki a finalement approuvé la distribution d’antirétroviraux dans les hôpitaux publics en août 2003.

Utiliser sa notoriété pour la cause
« Soyez fidèles à un seul partenaire et utilisez un préservatif. Ainsi, vous aurez un enfant de l'amour, avec des rires et de la paix, et non pas le sida! », exhortait Madiba en 2002. Il avait choisi d’utiliser sa notoriété pour le bien de la cause, mais aussi son histoire personnelle en révélant qu’une de ses nièces et deux de ses arrière-petits-neveux avaient succombé au VIH. « Le sida est une guerre contre l’humanité et c’est comme cela qu’il faut la combattre, soulignait-il à l’époque. Si vous vous identifiez aux gens, vous ne pouvez pas rester insensible. C’est pour cela que je me suis lancé dans la bataille. »

Dans le but de sensibiliser les plus jeunes à la maladie et de collecter des fonds pour la recherche et le soutien aux Sud-Africains atteints, la Fondation Nelson Mandela a organisé une série de grands concertsnommés « 46664 », en référence à son matricule de prisonnier à Robben Island. Le premier eut lieu au Cap le 29 novembre 2003, avec entre autres Johnny Clegg, Bono, Beyoncé, Youssou N'Dour et le Soweto Gospel Choir. L’événement s’est répété trois fois en 2005 : à George en Afrique du Sud, à Madrid en Espagne à Tromsø en Norvège. Un 46664 marqua ensuite la Journée internationale du sida le 1er décembre 2007 à Johannesburg, et un dernier concert aura lieu au Hyde Park de Londres en juin 2008 pour marquer les 90 ans de Madiba.

Parallèlement, l’homme œuvrait à lever les tabous associés à cette maladie. En janvier 2005, il convoque la presse dans le jardin de sa résidence de Johannesburg pour annoncer la mort de son fils Makgatho, un avocat de 54 ans, des suites du sida.


(Crédit Photo : Mail & Guardian Online)
     
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