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Entrevue

«L’Afrique ne comprend pas le Canada»

Benoîte Labrosse

Véritables émissaires de leur pays d’origine auprès d’autres gouvernements, les ambassadeurs jouent un rôle souvent sous-estimé dans les relations entre deux pays, et parfois avec un continent entier. Et quand ils demeurent longtemps en poste, les ambassadeurs deviennent des témoins privilégiés des changements de stratégie internationale de leur contrée d’accueil. C’est pourquoi Éthiques et Sociétés a rencontré la doyenne du corps diplomatique africain au Canada, Juliette Bonkoun­gou - am­bassadrice du Burkina Faso au Canada depuis neuf ans - à la veille de son rapatriement en Afrique.

Mme Bonkoun­gou, vous avez lancé il y a quelques années l’idée d’élaborer un « partenariat renouvelé » entre le Canada et l’ensemble des pays africains. Pourquoi avoir pris cette initiative?
Depuis mon arrivée au Canada, en 2003, je travaille à ce que l’Afrique soit bien représentée au Canada. Alors, en 2009, quand j’ai appris que l’Agence canadienne de développement international (ACDI) réduisait à 20 le nombre de pays bénéficiant de ses programmes d’aide bilatéraux et qu’au même moment, des ambassades canadiennes fermaient ici et là en Afrique, je me suis dit «Oh la la! Il faut faire quelque chose! » C’est à ce moment-là que l’idée m’est venue de partager avec mes collègues diplomates africains la possibilité de nous organiser et de confectionner des documents de plaidoyers destinés à la Chambre des communes, au Sénat et aux ministères concernés. Nous avons donc commencé à livrer des plaidoyers dès 2009, tout en préparant le document stratégique complet présenté l’an dernier.

La réflexion que vous avez amorcée a mené le corps diplomatique africain à présenter l’an dernier au gouvernement fédéral un document stratégique en vue de la « re-dynamisation des relations Canada-Afrique ». Avez-vous déjà pu constater les impacts de cette démarche?
Ma foi, j’ai l’impression que ça a porté ses fruits, car j’ai le sentiment que les choses bougent! Ce n’est pas encore entièrement ce que nous souhaitons, mais ce qui est important de noter, c’est la tendance positive. Nous, les ambassadeurs, ne sommes pas les seuls à travailler en ce sens : il y a l’action de tous les africanistes canadiens et de nombre de députés qui, par choix idéologiques ou par conviction, pensent que l’Afrique doit être au cœur de la diplomatie canadienne et des préoccupations des Canadiens. Je pense que c’est l’action conjuguée de tous qui commence à faire son effet. Et je ne sais pas si c’est directement lié à notre travail, mais, depuis le début de nos plaidoyers, il n’y a plus eu de fermeture d’ambassades en Afrique, et ce, même si il y a eu de fortes menaces.

Toutefois, certaines menaces se sont concrétisées : le Burkina Faso a été retiré de la liste des pays soutenus par les programmes d’aide bilatéraux de l’ACDI en février 2009, en même temps que sept autres pays africains. Quelles sont selon vous les raisons de ce retrait?

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