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Éditorial: un printemps arabe devenu été sanglant

En mai dernier, le parti conservateur a remporté les élections fédérales au Canada et a formé un gouvernement majoritaire, au grand dam de l’opposition affaiblie et donnant ainsi carte blanche au Premier Ministre Stephen Harper. Quel rapport avec l’Afrique? Depuis que les conservateurs sont au pouvoir en 2006, la politique d’aide internationale du Canada, loin de sa réputation de pays généreux envers les pays en voie de développement, se géopolitise au grand détriment des pays du continent noir. Non seulement l’aide internationale canadienne se lie clairement aux éventuelles retombées économiques en privilégiant les partenariats avec l’Amérique latine, mais aussi, les organisations non-gouvernementales se verront plus facilement accorder des subventions si elles cadrent avec la vision du parti conservateur. Bref, mot d’ordre aux ONG canadiennes : si vous voulez être prises en considération, ne faites pas trop de vagues.

Le Canada néglige l’Afrique, mais d’autres ne se privent pas de la piller économiquement. Comme ce géant minier suisse Glencore International, avec un chiffre d'affaires de 145 milliards de dollars en 2010, n’aurait presque déclaré aucun revenu en Zambie depuis 2000 pour éviter de payer son dû à l’État zambien bien complaisant. Ou encore ces gros joueurs de l'industrie agroalimentaire qui viennent exploiter la malnutrition qui sévit sur le continent à l’aide d'aliments complémentaires manufacturés et de pâtes énergétiques, un marché lucratif en pleine expansion.

En attendant, les organisations pansent les plaies d’un printemps arabe qui devient clairement un été sanglant. Une commission d'enquête de l'ONU a accusé le 1er juin dernier le régime du colonel Mouammar Kadhafi d'avoir commis des crimes contre l'humanité dans la répression du soulèvement populaire en Libye. Cette commission a annoncé avoir identifié des violations graves des droits de l'Homme et du droit international humanitaire. Ceux qui peuvent, fuient et tentent, en passant par la Tunisie, de joindre l’eldorado européen. Près de 270 d’entre eux ont disparu le 2 juin au large des côtes tunisiennes La révolte populaire se transforme ainsi en guerre civile sous l’égide de l’Otan et de ses dommages collatéraux.

Les ONG dénoncent aussi les exactions, dont les exécutions d’enfants, en Syrie voisine qui baigne elle aussi dans le sang. Pas d’intervention militaire ici. À peine une condamnation à demi-mots de la communauté internationale. Les manifestants qui tiennent encore debout portent le petit Hamza al Khatib, disparu lors d'une manifestation le 29 avril à Deraa et dont le cadavre mutilé a été restitué le 21 mai à sa famille, comme le symbole de leur révolte. Difficile cependant de prédire une fin de conflit apaisée tant que les autres pays restent passifs, redoutant un après Bachar el-Assad. Des ONG s’élèvent et demandent aujourd’hui à la Cour pénale internationale d'enquêter sur les crimes contre l'humanité perpétrés ces trois derniers mois dans le pays.

Zora Ait El Machkouri
Rédactrice en chef, Éthiques et Sociétés

     
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