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Éditorial

Les mauvaises victimes

L’ouest de l’Afrique a mal. Plus de 10 millions de barils ont été déversés dans le delta du Niger, un des plus grands fleuves du continent. C’est dix fois plus que la dernière marée noire dans le Golfe du Mexique. Eau potable polluée, faune marine menacée, populations locales en danger, pétrolières non inquiétées. Quasiment aucune couverture médiatique à ce sujet.

Dans la même région, après une sécheresse dévastatrice de récoltes dans tout le Sahel, le fleuve Niger connait sa plus forte crue depuis 1929. Le Niger subit alors sa énième crise alimentaire, une insécurité qui devient chronique avec plus de la moitié de la population nigérienne qui souffre de malnutrition. Les organisations humanitaires sur place, dont le Programme alimentaire mondial, demandent cependant à leur personnel de quitter certaines régions, propices aux enlèvements, entre autres, par la présumée branche maghrébine d’Al-Qaeda. Qui peut les blâmer? Il s’agit, pour les gens de terrain, de ne pas prendre de risques, de se faire enlever,… mais aussi de ne pas pouvoir se faire libérer. La France vient ainsi de voter en catimini cet été _ période propice aux textes controversés_ , une loi considérant que l’État français peut désormais demander aux humanitaires un remboursement des dépenses engagées pour leur libération. Un des défenseurs de cette législation : le Ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Le même Bernard Kouchner, cofondateur des grandes organisations Médecins sans frontières et Médecins du monde.

Comment évoquer les inondations nigériennes sans parler du Pakistan. Une tragédie pour 17 millions de déplacés. De nombreuses publications ont questionné la faible mobilisation financière en faveur des sinistrés pakistanais, due à la mauvaise réputation du pays, comme arrière-base des talibans d’Afghanistan, ou à l’absence de victimes occidentales, comparée au dernier tremblement de terre haïtien qui a vu naître un élan de générosité internationale sans précédent.

D’ailleurs, que sont devenus nos millions de dons versés aux associations et organisations non gouvernementales (ONG) mobilisés pour Haïti ? On ne le saura probablement jamais tant les rapports transparents sur la gestion de dons restent rares parmi les comptes-rendus d’ONG. Celles qui publient de manière détaillée la destination effective des dons sont souvent les petites organisations, qui présentent des projets concrets à échelle humaine, loin des ONG internationales empêtrées dans la bureaucratie administrative.

Zora Ait El Machkouri

     
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