Économie - Finance
Partenariats ONG – entreprises : un mariage de raison ?
Édouard Archer
Le WWF avec Ikea, Care avec le groupe de construction Lafarge, Amnesty avec Casino … de plus en plus d’ONG (organisations non gouvernementales) nouent des partenariats avec des entreprises. Si une majorité d’ONG voient dans ces alliances une opportunité de faire valoir leur expertise et d’accroître leur visibilité, d’autres jugent ce rapprochement contradictoire avec leur indépendance.
En 2001, le groupe Lafarge, numéro un mondial des matériaux de construction, renforçait sa présence en Afrique en faisant l’acquisition de l’un de ses concurrents, Blue Circle. Plus de 10 000 employés, une centaine de carrières et de sites de production, répartis dans une vingtaine de pays d’Afrique subsaharienne. Très vite, l’entreprise se rend compte des ravages du Sida au sein de ses usines : taux d’absentéisme important, manque d’information des employés sur la prévention, difficultés d’accès aux médicaments antirétroviraux. L’entreprise fait alors appel à l’organisation Care, l’une des principales ONG de solidarité internationale, pour tenter de trouver une solution à ce fléau.
« Lafarge a été la première entreprise à nous solliciter, affirme Julien Grouillet, responsable RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale) chez Care France. Nous avons une approche pragmatique et pensons qu’il n’y aura pas de solution durable à la pauvreté sans la collaboration des acteurs économiques. Nous leur avons fait des propositions concrètes en termes de prévention, de dépistage et de traitement. » Parmi les mesures phare, la formation de salariés « pairs-éducateurs », dont le rôle est de sensibiliser leurs collègues aux risques liés à l’épidémie, ou encore la prise en charge des trithérapies, dans certains pays. Résultat, selon le groupe, 90% des employés africains ont maintenant accès à des programmes de prévention. Le partenariat avec Care vient d’ailleurs d’être prolongé pour trois ans, afin de l’étendre à la lutte contre le paludisme.
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Ce qu'ils disent du magazine...
« J'ai reçu votre premier numéro,
c'est un vrai voyage en éthique, au milieu de gens biens et de réalités monstrueuses mais pas désespérés car les acteurs qui les combattent sont là et en témoignent. C'est fabuleux cette idée du témoignage. Des demandeurs d'asile, à Bioforce en passant par le Xo, Brainforest, le théâtre à sa fonction première au Burkina... c'est bon d'être avec tous ces acteurs. Bravo à votre équipe et merci pour eux parce que vous leur rendez hommage et service. J'espère sincèrement qu'il y aura une et des suites. »
- Emmanuel Merleau, Paris, France
« À toute l'équipe d'Éthiques et Sociétés, je voudrais tout d'abord vous exprimer mes remerciements au nom de tous les Africains pour l'initiative que vous prenez, en leur faveur, afin que leurs voix puissent se faire entendre, médiatiquement parlant, d'une façon objective. »
- Amel Bejaoui, Tunis, Tunisie
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