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Droits de l'homme

Peine de mort en République Démocratique du Congo
Silence, on tue…

Julie Hainaut

Pas de statistiques nationales. Pas de certitudes quant à l’échéance des condamnations à mort. Pas d’abolition de la peine capitale à l’horizon. Pas d’adoption en vue non plus de la Résolution 63/168 du 18 décembre 2008 des Nations Unies qui vise à obtenir un moratoire mondial sur les exécutions. Pas de débat même. Même si de 1999 à 2003, le pays a observé un moratoire qu’il a rompu lors de l’exécution des assassins du Président Laurent-Désiré Kabila, les condamnations à mort n’ont jamais cessé.

Nous sommes au XXIème siècle, et la peine de mort existe encore. Certes, la République Démocratique du Congo (RDC) est abolitionniste de fait car la dernière exécution date de 2003. Certes. N’empêche qu’elle existe encore, cette peine capitale. Et n’est pas prête d’être abolie car très populaire.

Pendant de nombreuses années, le débat a fait rage en RDC sur l’abolition de la peine de mort. Mais malgré la pression de la communauté internationale et de l’Union européenne, le résultat reste le même : « la population congolaise ne veut pas entendre parler de l’abolition de la peine de mort » affirme Bob Kabamba, professeur de sciences politiques à l’Université de Liège en Belgique. Ce Congolais, qui a œuvré à la rédaction de la Constitution de son pays, précise même que « la peine de mort est, pour nombre de Congolais, une consécration suprême, le prix à payer pour un crime, quel qu’il soit. » Pour beaucoup, abolir la peine de mort reviendrait ainsi à légitimer l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila tué en 2001. Le 7 janvier 2003, 30 personnes jugées coupables d'avoir organisé l'attentat contre l’ancien Président ont effectivement été condamnés à mort et 15 hommes ont été exécutés en secret le même jour dans la prison de Kinshasa.

Du côté des associations ou organisations non gouvernementales (ONG) internationales, aucune ou presque, n’a fait de l’abolition de la peine capitale sa priorité. Pour l’organisation canadienne Droits et Démocratie, la priorité est donnée au développement démocratique, aux droits économiques et sociaux, aux droits des peuples autochtones et aux droits des femmes. « Nous réagirons s’il y a un abus flagrant, mais aujourd’hui, le combat contre la peine de mort en République Démocratique du Congo n’est pas notre priorité » confirme Marie-Hélène Bachand, en charge des relations extérieures de l’ONG. Pour le Cosi, le centre d’information et de solidarité avec l’Afrique, qui œuvre pour la promotion des Droits de l’Homme en France et en RDC, « rien sur le sujet n’est à l’ordre du jour ». Même chose du côté du Centre National de Coopération au Développement basé à Bruxelles qui regroupe une centaine d’ONG de développement, de syndicats et d’associations d’éducation permanente engagées dans la solidarité internationale. Ainsi, comme le confirme Bob Kabamba, les ONG se veulent « le reflet de ce que désire la population », et comme la population congolaise n’admettrait jamais l’abolition de la peine capitale, aucune action ne sera menée dans ce sens. Sans le soutien de l’opinion publique, les ONG ne pourront rien faire.

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