Droits de l'homme
Élections présidentielles sous tension au Sénégal
Édouard Archer
Après plus de dix ans passés au pouvoir, le président sénégalais Abdoulaye Wade, devrait se porter candidat à sa propre succession aux élections de février 2012. Sauf que ses opposants politiques et un certain nombre d’associations affirment que la candidature de l’homme de 85 ans, sa troisième, contrevient à la Constitution du pays. De là le contexte politique et social extrêmement tendu qui règne au Sénégal depuis quelques mois.
Dakar, 23 juin 2011. Des millions de Sénégalais, principalement des jeunes, crient leur colère dans les rues de la capitale, Dakar. Sur leurs pancartes, des slogans comme «Le Sénégal n'est pas un royaume, mais une République», «Wade dégage» ou encore «Touche pas à ma Constitution».
Dans la ligne de mire des manifestants, le projet de «ticket présidentiel» présenté par le président Wade et débattu ce jour-là à l’Assemblée nationale. Un projet qui modifierait les modalités de l’élection présidentielle en donnant la possibilité au peuple sénégalais d’élire simultanément, sur une même liste, un président et un vice-président, et ce, avec un minimum de 25% des voix au premier tour. Une démarche durement critiquée par l’opposition, socialiste, qui accuse le chef de l’État de vouloir détourner la Constitution, entre autres pour y installer son fils Karim, actuel ministre des Transports, au poste de vice-président.
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