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Dossier spécial: Reconstruction d’Haïti. Et si les organisations internationales faisaient fausse route? 

Étienne Plamondon Emond 

Au lendemain du séisme du 12 janvier 2010, plusieurs voix en appelaient à une refondation de l'État d’Haïti. Quatre ans plus tard, l'aide canadienne et internationale ne semble pas avoir orienté son soutien en ce sens. Une étude, dévoilée le 9 janvier dernier, par la coalition Concertation pour Haïti dresse un sombre portrait des choix de stratégies de reconstruction. 

L'aide internationale dédiée à la reconstruction de la Perle des Antilles a exclu les Haïtiens des démarches et a opté pour des solutions non durables. L'aide étrangère canadienne, quant à elle, manque de transparence et se colle aux intérêts des entreprises privées. Ce sont là les principales conclusions de l’étude Haïti 2013 : Analyse et perspectives de l’aide menée par le chercheur Paul Cliche pour le compte de la Concertation pour Haïti (CPH), une coalition d'organismes québécois de la société civile qui ont des programmes ou des partenariats en Haïti. 

Un an après le séisme, la CPH avait déjà réalisé une vaste analyse de l'engagement du Canada en Haïti en collaboration avec le défunt organisme Droits et Démocratie. En 2011, le constat principal était simple : le Canada n'avait pas déboursé les sommes promises. En 2014, l'analyse du chercheur associé à l'Université de Montréal est toute autre.  

Nul doute que cette fois-ci les engagements financiers ont été respectés. Le gouvernement canadien avait promis 926 M$. Quelque 684 M$ ont effectivement été déboursés et 264 M$ sont désormais engagés, portant le total à 948 M$. « C'est une performance assez intéressante », admet Suzanne Loiselle, directrice générale de l'Entraide missionnaire, un organisme membre de la CPH. « Mais la question qu'on doit se poser, c'est quel type d'aide est fournie par le Canada et quel en sont les canaux d'acheminement? »  

Difficile d’obtenir toutes ces réponses. L'étude de la CPH déplore un sérieux manque de transparence. Un constat étonnant au moment où le Canada reçoit une note enviable de la part de l'Aid Transparency Index pour 2013. Ce manque de transparence « n'implique pas toute l’Agence canadienne de développement internationale ni toute l'aide canadienne dans tous les pays », précise M. Cliche à Éthiques et Sociétés. « Mais pour ce programme-là, c'était clair : il y a peu d'information globale. […] Pour en avoir, il faut aller voir les données des Nations unies (ONU). Puis, dans les données sur l'argent de la reconstruction, les deux tiers des montants associés au Canada entraient dans la catégorie [des bénéficiaires] "non spécifiés". » 

Les partenaires haïtiens exclus de la reconstruction
Les données et les observations faites sur le terrain imposent un autre constat : « on se rend compte que les partenaires haïtiens ont été presque court-circuités », se désole Mme Loiselle. Selon les chiffres disponibles, seulement 3,29 % des sommes versées par le Canada sont allés au gouvernement haïtien. Les ONG internationales et entreprises privées en ont reçu 4 %, les agences multilatérales 26 % et 67 % sont allés à des bénéficiaires « non spécifiés ». « On n'a pas assez renforcé l'État, juge Paul Cliche. Haïti ne s'en sortira pas s'il n'a pas un État bien constitué. Or, on y a canalisé très peu de fonds, sous prétexte que l'État n'est pas capable d'en assumer la responsabilité. »

(Crédit Photo : Développement et Paix)
     
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