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Dossier Spécial: République centrafricaine.
Le peuple en otage. 

Charles-Éric Blais-Poulin 

La Centrafrique vit une crise humanitaire sans précédent depuis le coup d’État qui a secoué le pays le 24 mars dernier. Les rebelles de la Seleka (ou Séléka) et d’autres miliciens d’auto-défense n’ont pas rangé les armes après la chute du président François Bozizé, et terrorisent toujours la population. La récente mobilisation de la communauté internationale fait toutefois renaître l’espoir. Éclairage sur une crise longtemps oubliée. 

Un coup d’État hier, un massacre et des viols aujourd’hui… Dans les journaux, les grands drames de la Centrafrique deviennent généralement des brèves reléguées en fin de cahier. Du moins jusqu’à la récente sortie de la France, qui a affirmé - par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius - que le pays était « au bord du génocide » entre chrétiens et musulmans. 

Peu de temps après cette déclaration-choc – démentie depuis par le président centrafricain Michel Djotodia –, l’Hexagone a annoncé le déploiement de quelque 1 000 soldats pour stabiliser la situation dans la capitale, Bangui. « Je salue cette nouvelle », confie d’emblée Alexis B. Béléké, un Centrafricain qui a quitté son pays en 2011 pour venir s’installer au Québec. « Avec cette présence à venir, je crois que le pire de la crise est derrière nous. » 

C’est que Bangui vit depuis le début de l’année une instabilité sans précédent. Le 24 mars, la Seleka - une coalition de rebelles dont le nom signifie d’ailleurs « coalition » en sango, l’une des langues officielles du pays - a renversé le sixième président de la République centrafricaine, François Bozizé. Pour le remplacer, elle a choisi Michel Djotodia, qui est devenu le premier président musulman de cet État majoritairement chrétien. 

Le président Djotodia a ensuite officiellement dissous la coalition armée à son arrivée au pouvoir, mais les ex-rebelles sont devenus des électrons libres et incontrôlables. Meurtres délibérés de civils, destruction de plus de 1000 maisons, pillages, recrutement d’enfants-soldats : le rapport de l’organisation Human Right Watch sur les exactions commises par la Seleka entre mars et juin 2013, intitulé « Je peux encore sentir l’odeur des morts » La crise oubliée des droits humains en République centrafricaine, est accablant. Des chiffres publiés par le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) font par ailleurs état de 2,3 millions d’enfants affectés par la crise, et de 1,2 million de résidants du nord-ouest du pays qui n’auraient pas bénéficié des principaux services essentiels depuis plus de quatre mois. 

Alexis B. Béléké connaît trop bien la détresse de ses compatriotes. Des amis de la diaspora qui ont perdu des êtres chers, des hommes malades laissés sans soins, des chrétiens cachés qui vivent dans la peur : ses proches collectionnent les récits d’horreur écrits à l’encre rouge par les rebelles, épaulés notamment par des insurgés du Tchad voisin. M. Béléké souhaite maintenant que les Nations unies déploient au plus vite des Casques bleus pour venir en renfort à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA). Actuellement, la MISCA compte plus de 3 000 soldats, toutefois souvent effacés - par peur de la Seleka - et laissés à eux-mêmes. « Malgré ses bonnes intentions, c’est une armée désorganisée et mal outillée, qui ne peut pas grand-chose sur le terrain », estime le ressortissant. 

Selon Jocelyn Coulon, directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix affilié au Centre d'études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, l’envoi de soldats français est un prélude au déploiement d’une force multinationale plus vaste. Trois résolutions onusiennes votées depuis octobre dernier pointent d’ailleurs dans cette direction. « Tout va se faire par étape », dit celui qui revient d’une mission d’observation d’un mois dans la capitale, où l’armée française contrôlait déjà l’aéroport. Sur place, M. Coulon a senti l’insécurité, il a senti la crise, mais tout n’était pas que poussière : « j’ai vu une ville saccagée, mais pas une ville détruite ».

     
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