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Dossier Spécial
Pakistan, Haïti, Philippines, Somalie... que deviennent nos dons?

Zora Ait El Machkouri

Inondations au Pakistan, tremblement de terre en Haïti, tsunami en Asie du Sud-Est : les crises humanitaires se suivent et font à répétition appel à la générosité des citoyens du reste de la planète. Mais chaque fois, une question demeure : que deviennent réellement les millions de dons accumulés par les organismes et destinés à financer la reconstruction des pays éprouvés?

La catastrophe haïtienne de janvier dernier illustre parfaitement la sphère nébuleuse qui entoure les dons faits aux différentes organisations et aux coalitions d’associations. Qui n’a pas envoyé de messages texte, ajouté quelques dollars à sa facture d’épicerie ou téléphoné à la Croix Rouge pour venir en aide aux sinistrés d’Haïti? Malgré la forte mobilisation internationale, 1,6 million de personnes vivent toujours dans des abris de fortune sept mois après le séisme dévastateur qui a frappé le pays. Les changements sont imperceptibles, car Port-au-Prince est encore jonchée de décombres et de débris. Dans un récent rapport publié par le Comité des relations internationales du Sénat des États-Unis, on peut lire que le « processus de reconstruction d’Haïti est en panne », tout simplement. Mais quelle est donc la cause de ce statu quo? Paradoxalement, il semblerait que ce soit le manque d’argent et de coordination des États donateurs et des organisations internationales. Lors d’une conférence qui a eu lieu au siège des Nations Unies en mars dernier, les bailleurs de fonds ont promis de verser 5,3 milliards de dollars au cours des 18 prochains mois. À l’heure actuelle, seul le Brésil a honoré ses engagements et versé la totalité des 55 millions de dollars promis. En tout, seulement 10% des 5,3 milliards ont effectivement été remis au gouvernement haïtien.

Par ailleurs, le Conseil d'administration de la Banque mondiale a approuvé en août une enveloppe de 30 millions de dollars qui permettra à Haïti d'éliminer son déficit budgétaire, argent qui s'ajoute aux 25 millions de dollars provenant des bailleurs du Fonds de Reconstruction d'Haïti (FRH) qui est géré par la Banque. Sauf qu’avant que le peuple haïtien ne bénéficie réellement de ces dons, encore faut-il que les différents acteurs s’entendent sur leurs rôles respectifs. Bill Clinton, envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti et coprésident de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) a confirmé en juillet avoir des « discussions plutôt vives avec la Banque mondiale pour définir son rôle et déterminer les coûts des petits projets ».

Quant à l’action humanitaire tous azimuts qui s’est mise en place dans une certaine cacophonie au lendemain du séisme, elle accroit aujourd’hui le mécontentement de la population. Pourquoi? Parce qu’elle est restée désordonnée et peu efficace. Car si les dix plus grandes ONG françaises ont déclaré à la mi-février avoir recueilli 64,3 millions d’euros (environ 82 millions de dollars américains) durant leur campagne de dons, la Croix-Rouge internationale admet qu’elle n’a dépensé sur place que 10% des fonds recueillis auprès du public « faute de bons projets ». Et selon Guy Sorman, professeur d'économie et cofondateur de l'ONG française Action contre la faim, « dans l’attente, les sommes destinées aux Haïtiens payent les salaires du personnel de la Croix-Rouge. » Les experts parlent aujourd’hui de trois ans d’attente avant une véritable reconstruction d’Haïti. Nous sommes loin du sentiment d’urgence que les grandes organisations de solidarité internationales distillaient sur toutes les tribunes médiatiques au lendemain de la catastrophe. Et c’est aux Haïtiens de souffrir le paradoxe et d’attendre patiemment que les déblaiements se terminent pour que les camps temporaires — devenus des lieux de trafic et d’insécurité — fassent place à des infrastructures solides.

Des initiatives concrètes

300000 dollars US pour meubler des écoles détruites

Hosean international ministries (Him), une organisation non gouvernementale basée à Pignon, dans le nord du pays, a entamé cet été une distribution de mobilier dans plusieurs écoles de la région de la capitale d’Haïti. Évaluée à environ 300 000 dollars américains, cette aide est destinée à des écoles touchées par le séisme.

Les écoles privées Jardin fleuri de Yolène, l’école primaire Thérèse Rouchon et le collège du Canapé-Vert figurent parmi les établissements à avoir bénéficié du don de matériel scolaire lors de la première journée de distribution, le 27 juillet dernier.

«Ce don de mobilier permettra aux écoles bénéficiaires de se doter d’infrastructures scolaires avant la nouvelle rentrée académique prévue au début octobre 2010», indique le pasteur Lucien, directeur général de Hosean international ministries. Son organisation a déjà secouru plusieurs milliers de personnes sinistrées en leur fournissant des abris provisoires, de la nourriture, de l’eau et des ustensiles de ménage.

Six semaines pour mettre en place des réseaux de communication

Une journée après la catastrophe, l’organisation française Télécoms sans frontières (TSF) a déployé 38 personnes aux endroits stratégiques. D’abord à l’aéroport de Port-au-Prince, où TSF a établi des connexions internet et des lignes satellitaires haut débit auprès des équipes onusiennes. Puis, à la base de la Mission des Nations Unies (Minustah) toujours dans la capitale. Un point d'accès sans fil (Wi-Fi) a été mis à la disposition de toute la communauté humanitaire présente et trois techniciens y offraient un support permanent.

Dès le 28 janvier, une connexion internet et téléphonique a été installée pour l’Organisation des pour la Coordination des Affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) dans la commune de Jacmel. Celle de Léogâne a été équipée d’une connexion internet à haut débit. Télécoms sans frontières a également fourni un téléphone satellite au premier ministre haïtien, Jean‑Max Bellerive, ce qui lui a permis de communiquer avec la communauté internationale.

En tout, TSF a offert aux Haïtiens plus de 765 heures de communications durant les six semaines qu’a duré sa mission d’urgence.

À Dumisseau, l’eau coule grâce aux Québécois

Plus de 3 500 familles de la région rurale de Kenscoff, en Haïti, ont aujourd’hui accès à de l’eau grâce à la Municipalité régionale de comté (MRC) de Nicolet-Yamaska, au Québec. Au printemps dernier, les maires de cette MRC située au centre du Québec ont organisé un brunch au profit d’Haïti dans une école secondaire de la ville de Nicolet. Leur initiative leur a permis de recueillir 10000 dollars.

Cet argent a immédiatement servi à construire un captage d’eau et deux réservoirs dans le village de Dumisseau, un passage obligé pour se rendre vers d’autres villages de la régionde Kenscoff. L’installation a été inaugurée en juillet dernier en présence de 14 représentants de la MRC de Nicolet-Yamaska. «Les gens étaient vraiment heureux que l’eau coule enfin au cœur de leur village», affirme l’un d’entre eux, Marc Dion.
Les représentants québécois ont également remis les sommes d’argent recueillies par le groupe «Haïti 2009», des écoles Curé-Brassard et St-Alexis-des-Monts, en main propre à des organismes locaux. Un premier don de 3000 dollars est allé à l’orphelinat de sœur Dona à Kenscoff et un second de 4000$ a été remis à un dortoir de marchandes qui offre chaque semaine le gîte et un repas chaud à environ 250 marchandes.

Enfin, la fondation Solidarité-Jeunesse de Victoriaville, affiliée à l'école secondaire Le Boisé, a contribué à la reconstruction de maisons temporaires — toujours dans la région de Kenscoff — à hauteur de 12000$.

Cyclo Nord-Sud envoie 371 vélos à Caracol

L’organisation Cyclo Nord-Sud, qui recueille depuis 11 ans des pièces, outils et accessoires de vélos inutilisés pour les expédier aux communautés démunies des pays du Sud, a aussi fait sa part. Le 29 août dernier, l’organisme québécois a envoyé un conteneur de 371 vélos en direction de la ville de Caracol, dans le nord d’Haïti. Six machines à coudre étaient aussi du lot. Un envoi d’équipements médicaux est également à l’horaire pour septembre.

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