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Dossier spécial - Entretien

Joanne Liu, leadership modeste à la tête de MSF

Propos recueillis par Benoîte Labrosse

Le 1er octobre prochain, une Québécoise deviendra la présidente internationale de Médecins sans frontières (MSF). L’urgentologue pédiatrique Joanne Liu cumule plus d’une vingtaine de missions avec l’organisme, en plus d’avoir œuvré à titre de directrice des programmes pour MSF France, et de présidente du conseil d’administration de MSF Canada. La Dre Liu, qui pratique localement au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine à Montréal, a remporté cette année le prix Teasdale-Corti d’action humanitaire du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. Éthiques et Sociétés l’a rencontré quelques jours avant son départ pour ses nouveaux bureaux de Genève, en Suisse.

Votre élection fait de vous la seconde Canadienne à prendre la tête de MSF, après James Orbinski — qui a d’ailleurs reçu le Prix Nobel de la paix au nom l’organisation en 1999. En quoi consistera votre tâche de présidente?

Dans le rôle d’un président à l’international, il y a une part de leadership interne et une part de représentation externe. À l’externe, il est un porte-parole de ce que MSF fait sur le terrain. Il y a des rencontres avec des autorités, autant quand ça va bien que quand c’est plus compliqué. On doit alors négocier des espaces de travail, une certaine assurance de sécurité, etc. Et il y a une représentation auprès de différentes instances internationales. Par le passé, nous sommes allés discuter de sujets qui nous tiennent à cœur à l’Union européenne et aux Nations unies.

À l’interne, il y a un besoin de tenir ensemble toutes les sections du mouvement, que je considère comme une loose confederation [un regroupement à la structure souple et peu contraignante, NDLR]. Afin de pouvoir demeurer cohérent sur le terrain, il faut être capable de travailler ensemble. Ça passe en partie par le rôle du président, qui doit être rassembleur et avoir un certain leadership pour s’assurer que tout le monde ait une vision commune.

Votre mandat doit durer trois ans. Quels sont les plus grands défis que vous entrevoyez pour MSF d’ici 2016?

Le plus grand défi de l’heure, au niveau opérationnel, c’est de garder une présence avec des soins directs auprès des patients dans des contextes de sécurité instables. C’est un défi de tous les jours dans différents pays comme la Somalie, le Niger, la République démocratique du Congo (RDC),le Mali, où il est de plus en plus difficile de travailler, et de le faire avec la même latitude qu’on a connue dans les années 1980-1990.

Aujourd’hui, ce sont des zones de travail beaucoup moins faciles, avec des équipes qui ne sont pas souvent aussi nombreuses qu’on le voudrait.

Autrement, il va falloir appréhender les nouveaux enjeux médicaux, et probablement s’entendre avec différentes institutions pour travailler en collaboration. Dans le cas du VIH, par exemple, je crois que la prise en charge en première ligne est aujourd’hui assez bonne. Beaucoup d’ONG s’en occupent. Nous, on se penche plus sur la seconde ligne de traitement, celle des patients qui sont co-infectés avec la tuberculose. Est-ce qu’on va avoir les bons médicaments? Est-ce qu’on va être capable d’accroître le nombre de nos patients? C’est un réel souci.

L’autre grand défi, c’est la prise en charge des gens avec la tuberculose multi-résistante. La bonne nouvelle, c’est que ça fait 50 ans qu’on n’avait pas eu de nouvelle molécule pour traiter la tuberculose, là il y en a deux qui vont sortir bientôt. Elles sont en phase clinique 3, et MSF y participe. On espère qu’éventuellement, une fois qu’on aura prouvé que ces médicaments sont efficaces, ils vont être à des prix accessibles pour les patients.

Depuis 1996, vous cumulez une vingtaine de missions. Savez-vous où se déroulera votre première mission officielle à titre de présidente?

J’espère pouvoir aller en Syrie, car c’est la crise de l’heure. Elle reçoit une certaine couverture médiatique, mais la communauté internationale ne s’est pas mobilisée suffisamment. On est rendu à 2 millions de réfugiéssyriens à l’extérieur du pays, et ça augmente régulièrement: la communauté internationale n’est pas prête, l’UNHCR [l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés] et les ONG ne sont pas prêtes non plus à la prise en charge de ces gens-là dans les pays frontaliers. Et en Syrie même, on essaie d’agir des deux côtés [celui du gouvernement de Bachar al-Assad et celui des rebelles, NDLR], mais c’est un pays où il est extrêmement difficile de travailler.
L’objectif d’une telle mission, c’est de s’imprégner d’une crise, d’aller parler aux gens sur le terrain — autant aux acteurs sur place qu’aux patients — pour avoir un regard direct sur ce que MSF fait là-bas et tenter de comprendre la situation générale. En tant que présidente, ça va être plus difficile pour moi de faire une mission hands on [de terrain, NDLR|, en Syrie. Mais j’espère en faire au moins une par année au cours de mon mandat.

Près de 60% des missions de MSF se déroulent en Afrique, et la sécurité de vos travailleurs sur le terrain a toujours représenté un enjeu crucial pour votre organisation. Croyez-vous que celle-ci s’est améliorée depuis vos débuts?

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