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Culture

Anaruz DemnateMaroc
La langue amazighe comme outil de développement 

Zora Ait El Machkouri 

La langue berbère, ou amazighe, parlée par les autochtones d'Afrique du Nord a survécu aux conquêtes romaine, chrétienne et arabe. Sauf que son territoire, qui s’étendait autrefois de la vallée du Nil jusqu'à l'Atlantique en passant par le Sahara, s’est rétréci, et que la culture amazighe s’est peu à peu dissoute dans celle de la majorité arabo-musulmane. Certaines ONG, comme la marocaine Anaruz Demnate, se font aujourd’hui le devoir de la préserver tel un trésor culturel. 

« La culture amazighe souffre d’une discrimination, alors que nous sommes sur une terre amazighe! On revendique seulement le fait d’être nous! » D’entrée de jeu, Brahim Taggounte affiche les couleurs. Celles de son combat pour la reconnaissance de la langue et de la culture amazighes, qu’il a concrétisé en 2000 avec la mise sur pied de l’association Anaruz Demnate, qu’il préside depuis. 

Les petits locaux d’Anaruz, loués 800 dirhams (80 euros ou 120$CAD) par mois sont situés dans la partie haute de la ville de Demnate, au détour d’une petite ruelle reliée à la rue principale. Là, à 100 kilomètres à l’est de Marrakech, en haut d’un escalier étroit, quatre petites salles apparaissent : deux sont munies de bancs d’écoliers, de tableaux noirs et de chaises de fortune pour recevoir les enfants, une autre sert de cuisinette et la dernière de bureau pour la direction. Les dictionnaires français y côtoient les livres de grammaire berbère, et les sérigraphies amazighes. 

Quand nous poussons la porte de cette ONG dont le nom signifie « espoir » en berbère, des écoliers sont déjà attablés tant bien que mal et penchés sur leurs devoirs. Ils vont et viennent d’une salle à l’autre, et chaque nouvel arrivé vient nous saluer poliment d’un « Azul » _bonjour_ berbère. 

« Nous offrons le soutien scolaire à partir de 18 h, dès la sortie des classes, explique fièrement Brahim, qui est aussi professeur de mathématique. Nous sommes ouverts à tous les enfants : du primaire au lycée, tout le monde peut venir se faire aider. Nous demandons juste aux parents de signer une autorisation. Il n’y a pas vraiment d’heure de fermeture, mais, vers 20 h, les enfants commencent à rentrer chez eux. » 

Rapidement, le militantisme gagne notre interlocuteur. « Il s’agit d’apprendre notre amazighnité, explique-t-il. La culture amazighe est la colonne vertébrale de notre action : nous existons pour défendre cette cause à travers toutes nos activités. Il faut comprendre qu’à l’origine, tous les Marocains sont amazighs : ce nom signifie l’identité de la terre, de notre terre qu’est le Maroc. La culture amazighe a été arabisée par la force des choses.»

     
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